Problèmes & Risques

Investir dans une résidence étudiante en LMNP : avis honnête, risques réels, rendement

La demande est réelle, la surface est petite, la TVA se récupère et la revente échappe à la réintégration des amortissements. Le résultat se joue pourtant ailleurs : dans le prix d'entrée, la solidité de l'exploitant et le nombre de résidences déjà livrées dans la ville. Ce que les textes et les rapports publics permettent d'établir avant de signer.

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Septembre 2026 Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart FinancierTemps de lecture : 27 minutes
Façade d'une résidence de services récente avec ses balcons et son hall d'accueil

La réponse courte : la résidence étudiante gérée est, parmi les résidences de services, celle dont la demande est la mieux documentée : 3,01 millions d'étudiants en 2024-2025, environ 250 000 logements sociaux étudiants, 44 % des étudiants logés dans le parc privé. Ses avantages sont réels : ticket d'entrée limité, TVA récupérable si la résidence propose trois des quatre services de l'article 261 D du CGI, loyer dû par l'exploitant douze mois sur douze, et depuis 2025 une exception à la réintégration des amortissements dans la plus-value de revente. Ses risques sont tout aussi précis : un loyer initial en partie financé dans le prix, un exploitant unique, une revente qui se fait au rendement et non au mètre carré, et des villes où l'offre privée a rattrapé la demande ; le rapport IGF/CGEDD de 2022 relève que 80 % d'un échantillon de 400 lots Censi-Bouvard ont été revendus sous leur prix d'achat. Bonne idée, donc, à condition de payer le lot à son prix de revente probable et non à son prix de plaquette.

La situation est souvent la même : un studio de 18 à 22 m² dans une résidence étudiante neuve, proposé entre 90 000 et 140 000 € TTC, avec un loyer annoncé autour de 4 % et le double argument de la pénurie de logements étudiants et de la TVA récupérée. Le lecteur se demande ce qu'il percevra vraiment une fois la taxe foncière et les charges payées, et surtout ce qu'il retrouvera à la revente. Les avis en ligne se partagent entre enthousiasme commercial et déceptions de revendeurs, sans que l'on sache lesquels décrivent le produit et lesquels décrivent un mauvais prix.

Cet article sépare les deux. Il établit ce que les sources publiques permettent d'affirmer sur la demande (SIES, plan logements étudiants de septembre 2025, brief de rentrée des Crous), sur la fiscalité (articles 261 D, 257 bis et 150 VB du CGI, BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20) et sur le marché secondaire (rapport IGF/CGEDD de juin 2022). Il en tire une grille de vérification en sept critères, un comparatif avec les résidences seniors, les EHPAD et le tourisme, et un exemple chiffré illustratif.

Une résidence étudiante gérée, qu'est-ce que c'est juridiquement ?

Trois textes se superposent. Le premier définit la résidence elle-même : l'article L631-12 du Code de la construction et de l'habitation décrit la résidence universitaire comme « un établissement destiné au logement collectif à titre de résidence principale » qui accueille des étudiants, des personnes de moins de trente ans en formation ou en stage, et des alternants. Le contrat de location y est conclu pour « une durée maximale d'un an », renouvelable si l'occupant conserve sa qualité, et l'occupant « ne peut ni céder le contrat de location ni sous-louer le logement ». Ce statut explique la rotation annuelle des locataires, donc la vacance estivale, et conditionne depuis 2025 l'exception fiscale à la revente décrite plus loin.

Le deuxième texte organise votre relation avec l'exploitant. Vous n'êtes pas le bailleur de l'étudiant : vous louez votre lot, par bail commercial, à une société qui exploite la résidence et sous-loue les studios. L'article L145-4 du Code de commerce fixe la durée minimale de ce bail à neuf ans et ouvre au preneur, sauf stipulation contraire dans les cas que le texte admet, la faculté de donner congé à chaque échéance triennale. Le loyer est celui du bail, dû par l'exploitant que la résidence soit pleine ou vide.

Le troisième texte est fiscal. Le 4° de l'article 261 D du CGI exonère de TVA les locations meublées, mais son b bis soumet à la taxe les locations de logements meublés à usage résidentiel assorties de trois des quatre services (petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception), et son c soumet à la taxe la location des locaux consentie à l'exploitant qui réalise ces prestations. Le BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 cite expressément, parmi les structures concernées, les « résidences services, résidences étudiantes, résidences séniors, maisons de retraite, habitat partagé » (§ 130), précise que les services « doivent être réellement proposés au client » (§ 60) et que la location à l'exploitant est taxée de plein droit, quel que soit le nombre d'intermédiaires (§ 140). C'est cette chaîne qui rend la TVA du prix d'achat déductible ; le statut de loueur en meublé qui l'accompagne est décrit dans notre guide du LMNP au réel, lecture utile avant celle-ci si l'amortissement ne vous est pas familier.

La demande étudiante est-elle vraiment structurelle ?

Oui, et c'est le point le mieux établi. La note flash n° 17 du SIES (juillet 2025) indique qu'« en 2024-2025, 3,01 millions d'étudiants sont inscrits dans l'enseignement supérieur (+1,4 %) », soit 41 100 de plus en un an. Le dossier de presse du plan logements étudiants du 5 septembre 2025 ajoute que « notre pays compte environ 250 000 logements sociaux étudiants », que « près de 45 % de la population étudiante dépend du parc locatif privé » et, citant l'enquête de l'Observatoire de la vie étudiante de 2023, que 44 % des étudiants habitaient dans le parc locatif privé, 33 % chez leurs parents et 11 % « dans une résidence universitaire publique ou privée ». Il note enfin que la moitié des étudiants se concentre dans les dix villes où l'immobilier est le plus cher.

Le parc public ne comble pas l'écart. Le brief de rentrée des Crous du 26 août 2026 fait état de 155 000 étudiants ayant réservé un logement Crous pour le 1er septembre, de demandes en hausse de 5 % sur un an, de 2 800 places en construction et de 3 600 places en projet. Le plan de septembre 2025 vise 45 000 logements étudiants abordables d'ici 2027. Du côté privé, le rapport IGF/CGEDD reprend une étude Xerfi de 2020 qui dénombrait 1 153 résidences-services privées pour étudiants, soit 152 565 logements ; nous n'avons pas trouvé de recensement public plus récent.

La conclusion honnête est double. À l'échelle nationale, la demande dépasse l'offre dédiée. À l'échelle d'une ville, ce constat ne dit rien : une agglomération de 30 000 étudiants où trois résidences privées de 150 lots ont ouvert en deux ans peut être localement saturée alors que la statistique nationale reste favorable. La demande structurelle justifie de regarder la catégorie ; elle ne dispense d'aucune vérification sur le lot.

Quels sont les avantages réels d'une résidence étudiante en LMNP ?

Quatre avantages résistent à l'examen. Le premier est le ticket d'entrée : un studio de 18 à 22 m² se finance avec un capital et un emprunt bien inférieurs à ceux d'un appartement Malraux ou Denormandie. Le deuxième est la TVA : sur un prix de 120 000 € TTC, 20 000 € reviennent au propriétaire assujetti, sous réserve de rester dans le régime vingt ans ou de transmettre le bail à la revente ; l'article 207 de l'annexe II au CGI organise la régularisation par vingtièmes en cas de sortie anticipée, et l'article 257 bis dispense de cette régularisation la vente d'un lot dont l'acheteur reprend le bail commercial, ce que les réponses ministérielles Giraud n° 9158 (19 août 2008) et Candelier n° 58985 (13 avril 2010) ont confirmé.

Le troisième avantage est le loyer commercial : dû par l'exploitant douze mois sur douze, sans gestion locative ni impayé d'étudiant tant que le bail est exécuté. Le quatrième est récent et propre à cette catégorie. Depuis la loi de finances pour 2025, l'article 150 VB, III du CGI dispose que, pour le calcul de la plus-value de cession, « le prix d'acquisition est minoré du montant des amortissements admis en déduction » en LMNP ; mais son second alinéa écarte cette minoration pour les biens situés dans « une résidence mentionnée aux articles L. 631-12 ou L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation destinée à l'accueil exclusif des étudiants » et des autres publics visés par ces textes, ainsi que dans les établissements médico-sociaux et de soins de longue durée. Un studio étudiant relevant du L631-12 se revend donc avec une plus-value calculée sur le prix d'achat entier, alors qu'un lot en résidence de tourisme amorti dans les mêmes conditions voit son prix d'acquisition réduit des amortissements. Notre article sur la revente avant terme et la reprise fiscale chiffre cet écart dispositif par dispositif.

Quels sont les risques spécifiques à la résidence étudiante ?

Les risques des résidences de services s'y retrouvent, mais cinq d'entre eux prennent une forme particulière.

La vacance estivale. Le contrat de l'étudiant dure au plus un an, et beaucoup libèrent leur studio en juin. L'exploitant continue de vous devoir le loyer, mais il doit remplir la résidence deux ou trois mois par an avec d'autres publics (stagiaires, écoles d'été, courts séjours). Un exploitant sans stratégie d'été documentée porte un déficit saisonnier qu'il finira par vous demander de partager.

L'exploitant unique. Votre revenu dépend d'une seule société. Le BOFiP rappelle que le prestataire d'hébergement « est celui qui assume personnellement tous les risques de l'entreprise » (§ 30) : c'est lui, et non vous, qui fixe les sous-loyers, engage le personnel et décide de l'entretien. Nos scénarios sur l'exploitant en difficulté (demande de baisse de loyer, procédure collective, résiliation) valent intégralement pour l'étudiant ; nous ne les répétons pas ici.

Le loyer initial financé dans le prix. C'est le mécanisme le plus important à comprendre. Le rapport IGF/CGEDD de juin 2022 sur le dispositif Censi-Bouvard décrit « la pratique consistant à réclamer au promoteur des "fonds de concours", à hauteur de 10 à 15 % du prix d'achat », fonds « ensuite répercutés sur le prix de vente des lots aux investisseurs » et dont « l'épuisement s'accompagne souvent d'une baisse des loyers ». Une partie du loyer des premières années peut donc être votre propre argent, payé dans le prix, qui vous revient sous forme de loyer ; une fois la réserve consommée, le loyer rejoint ce que l'exploitant encaisse réellement des étudiants. La question n'est pas « quel est le loyer garanti ? » mais « quel loyer l'exploitation peut-elle soutenir ? ».

La revente au rendement. Un studio en résidence gérée ne se revend pas au prix des studios du quartier : il se revend à un investisseur qui divise le loyer en cours par le rendement qu'il exige. Si le loyer a baissé ou si le rendement exigé monte, le prix baisse. Le même rapport cite, sans l'avoir vérifiée, l'estimation d'une agence spécialisée selon laquelle, sur 400 lots Censi-Bouvard revendus, 80 % l'ont été sous le prix d'achat, et retient une moins-value de 10 % comme scénario de base. Notre comparatif neuf ou marché secondaire explique comment le prix d'occasion se forme et pourquoi il faut le connaître avant d'acheter neuf.

Les villes saturées. La statistique nationale masque des marchés locaux très différents. Une ville universitaire moyenne peut voir son offre privée croître plus vite que ses effectifs ; les exploitants y baissent les sous-loyers ou multiplient les mois offerts, puis renégocient les baux. Notre sélection des meilleures villes pour un LMNP donne la méthode et les indicateurs à croiser.

Quel rendement attendre d'une résidence étudiante, sur un exemple chiffré ?

Les hypothèses ci-dessous sont fournies à titre illustratif ; elles ne décrivent aucun programme, ne constituent pas une garantie de loyer ni de prix de revente, et chaque poste doit être remplacé par les chiffres de votre dossier. Elles reprennent les ordres de grandeur des plaquettes de résidences étudiantes neuves (loyer de 3,5 à 4,5 % du prix HT) et les charges le plus souvent laissées au propriétaire.

Hypothèse illustrativeMontant
Prix du studio (20 m², mobilier compris)120 000 € TTC, soit 100 000 € HT
TVA récupérée (bail commercial, services)20 000 €
Frais d'acquisition (neuf, droits réduits)2 500 €
Capital réellement immobilisé102 500 €
Loyer annuel HT prévu au bail4 200 € (4,2 % du prix HT)
Taxe foncière, à la charge du propriétaire500 € par an
Provision gros travaux, mobilier, comptabilité600 € par an
Revenu net avant impôt3 100 € par an, soit 3,0 % du capital immobilisé

Le rendement affiché de 4,2 % devient 3,0 % net avant impôt une fois la taxe foncière et une provision pour les travaux de l'article 606, le mobilier et la comptabilité déduits. Au régime réel, l'amortissement efface le plus souvent l'impôt sur ce revenu pendant de longues années ; notre article sur le coût réel et la rentabilité du LMNP détaille ce calcul poste par poste, et celui sur les pièges du LMNP au réel recense les erreurs de tenue du régime (option, mobilier non ventilé, comptabilité abandonnée) qui s'appliquent ici comme ailleurs.

Le rendement global dépend ensuite de la revente. Trois scénarios illustratifs à dix ans. Si le loyer de 4 200 € est maintenu et que les acheteurs exigent 5 %, le lot vaut 84 000 €, soit 18 500 € de moins que le capital immobilisé ; les 31 000 € de loyers nets perçus ramènent le gain total à 12 500 €, hors intérêts d'emprunt. Si le loyer a été renégocié à 3 600 € après l'épuisement d'un fonds de concours, le lot vaut 72 000 € et l'opération est à peu près blanche. Si le marché accepte 4,5 %, le lot vaut 93 000 € et l'opération dégage environ 21 500 €. L'écart ne tient ni à la fiscalité ni à la demande étudiante : il tient au prix payé à l'entrée et à la tenue du loyer, les deux critères que la grille suivante cherche à vérifier.

Résidence étudiante, seniors, EHPAD ou tourisme : quelles différences ?

Les quatre familles de résidences gérées partagent le bail commercial et la TVA, mais ni la demande, ni le statut du résident, ni le traitement de la plus-value ne sont identiques.

CritèreÉtudianteSeniorsEHPADTourisme
Demande3,01 millions d'étudiants en 2024-2025 (+1,4 %), concentrés dans les grandes villes ; contrats d'un an maximumCroissance démographique de la population âgée ; occupation longue, entrée tardiveAutorisation administrative, places contingentées ; demande médicaleSaisonnière, dépendante du tourisme et de la commercialisation
Statut du résidentBail d'un an renouvelable, ni cession ni sous-location (art. L631-12 CCH)Contrat de séjour ou bail meublé ; résidence non médicalisée (art. L631-13 CCH)Contrat de séjour ; établissement médico-social autoriséSéjours de courte durée
VacanceConcentrée sur l'été ; supportée par l'exploitant tant que le bail est exécutéFaible une fois la résidence remplie ; montée en charge lenteTrès faible (listes d'attente)Forte hors saison ; loyers souvent modulés
Réintégration des amortissements à la revente (art. 150 VB, III)Exclue si résidence L631-12 destinée aux étudiantsExclue si résidence L631-13 destinée aux personnes âgéesExclue (établissements médico-sociaux)Applicable
Bail commercialL145-4 : neuf ans, faculté triennale du preneur sauf clause contraire admiseL145-4 : idemL145-4 : idem ; exploitant soumis à autorisationL145-7-1 : neuf ans fermes en résidence de tourisme classée
Point de vigilance dominantPrix d'entrée et saturation localeRythme de remplissage, dépendance à l'exploitantRéglementation, concentration des exploitantsSaisonnalité, renégociations de loyers

La résidence étudiante est la catégorie où le risque d'exploitation est le plus lisible (effectifs publiés chaque année, loyers étudiants observables) et où la fiscalité de sortie est la plus favorable, avec les résidences seniors et médico-sociales. C'est aussi celle où l'offre privée peut croître le plus vite : un programme étudiant se construit sans autorisation administrative, à la différence d'un EHPAD. La facilité d'entrée des promoteurs est le revers de la lisibilité de la demande.

Que vérifier avant de signer : critère, question, signal d'alerte

La grille transforme chaque risque en une question à poser et en un signal qui doit faire suspendre la décision, ou au moins renégocier le prix.

CritèreQuestion à poserSignal d'alerte
Le statut de la résidenceLa résidence relève-t-elle de l'article L631-12 du CCH (résidence universitaire) ou d'un simple immeuble meublé avec services ?Un programme « jeunes actifs et étudiants » ou « coliving » sans référence au L631-12 : l'exception à la réintégration des amortissements (art. 150 VB, III) suppose une résidence destinée aux publics visés par ce texte.
Le prix au mètre carréCombien vaut le mètre carré d'un studio ancien dans le même quartier (DVF) et à combien se revendent les lots d'occasion de résidences étudiantes comparables ?Un écart de plus de 20 à 25 % entre le prix HT du lot et le prix des studios anciens voisins, sans justification par l'emplacement ou la qualité de construction.
Le loyer initialLe loyer est-il cohérent avec les loyers étudiants observés dans la ville, une fois les services et la marge de l'exploitant déduits ?Un loyer garanti supérieur à ce que l'exploitant peut encaisser d'un étudiant sur dix mois : le rapport IGF/CGEDD décrit des fonds de concours de 10 à 15 % du prix, dont l'épuisement s'accompagne souvent d'une baisse des loyers.
L'exploitantQuels sont ses derniers comptes publiés, son nombre de résidences, son taux de remplissage moyen et ses procédures collectives passées ?Comptes non déposés, exploitant créé pour le programme, ou promoteur et exploitant appartenant au même groupe sans historique d'exploitation indépendant.
Le bail commercialDurée, indexation, répartition des travaux (art. 606 du Code civil), taxe foncière, faculté de résiliation triennale, conditions de renouvellement ?Gros travaux et taxe foncière à la charge du propriétaire, indexation plafonnée à la hausse mais non à la baisse, ou clause de renégociation du loyer à la première triennale.
L'offre localeCombien de places en résidences privées et Crous existent déjà dans la ville, et combien sont en chantier ? Combien d'étudiants, et quelle évolution des effectifs ?Plusieurs résidences privées livrées en deux ou trois ans dans une ville universitaire moyenne, ou une ville dont les effectifs stagnent ; le brief Crous de rentrée et les notes du SIES donnent les ordres de grandeur.
La reventeÀ quel prix et à quel rendement se sont vendus les lots d'occasion de la même résidence ou de résidences voisines ces trois dernières années ?Absence de transactions trouvables, ou lots d'occasion proposés à un rendement supérieur de deux points à celui du programme neuf.

Les pièces à demander avant la réservation, dans l'ordre où elles font gagner du temps :

  1. Le bail commercial complet, avec son annexe de répartition des charges et des travaux, et la grille d'indexation.
  2. Les trois derniers bilans de l'exploitant déposés au greffe, et la liste de ses résidences en exploitation avec leur date d'ouverture.
  3. Le statut de la résidence : mention de l'article L631-12 du CCH dans le règlement de copropriété ou la convention, et la liste des services proposés (au moins trois des quatre de l'article 261 D, 4° du CGI).
  4. Le plan et la surface du lot, la liste du mobilier, et les ventes de lots d'occasion dans la même résidence ou dans les résidences étudiantes de la ville sur trois ans (notaire, annonces, DVF).
  5. Le nombre de places étudiantes privées et Crous existantes et en chantier dans la ville, et l'effectif étudiant de l'académie (notes flash du SIES).
  6. La ventilation du prix entre foncier, construction, mobilier et commercialisation, et l'existence éventuelle d'un fonds de concours versé par le promoteur à l'exploitant.
  7. Le calendrier de livraison et la date de prise d'effet du bail, pour savoir qui paie les loyers entre l'acte et l'ouverture.

Vigilance sur les documents commerciaux. Depuis la loi Sapin II, toute publicité pour un investissement immobilier ouvrant droit à un avantage fiscal doit permettre de comprendre les risques et mentionner la perte de l'avantage en cas de non-respect des engagements (article L122-23 du Code de la consommation). Un « rendement garanti » présenté sans le bail, sa durée et l'identité de l'exploitant est un signal en soi ; notre article sur la publicité en défiscalisation et ses sanctions détaille ce que la plaquette doit contenir.

Quelles villes sont saturées, et comment le savoir sans base publique ?

Nous n'avons pas trouvé de source publique qui recense, ville par ville, les lits en résidences étudiantes privées et les chantiers en cours. La saturation se mesure donc par croisement : les notes flash du SIES pour les effectifs par académie et leur évolution, le brief de rentrée du Crous pour les places publiques existantes et en construction, les permis de construire en mairie pour les résidences privées à venir, et les annonces des exploitants, dont les promotions de septembre (mois offerts, frais de dossier supprimés) signalent les résidences qui peinent à se remplir.

Trois indicateurs suffisent à un premier tri : le rapport entre les effectifs de l'académie et les places dédiées connues ; la durée de commercialisation des lots d'occasion (au-delà de six mois, le marché secondaire est encombré) ; l'écart entre les sous-loyers des exploitants et les loyers des studios anciens du quartier, une prime de plus de 30 % étant difficile à tenir si l'offre s'élargit. Aucun ne remplace la visite de la résidence en septembre et en juillet.

Questions fréquentes sur l'investissement en résidence étudiante

Une résidence étudiante en LMNP, est-ce un bon investissement ?

C'est un placement de rendement modéré adossé à une demande réelle, dont le résultat dépend presque entièrement du prix d'entrée et de l'exploitant. Les sources publiques (SIES, plan logements étudiants de 2025) confirment la demande ; le rapport IGF/CGEDD de 2022 documente une revente fréquente sous le prix d'achat. Bon ou mauvais se décide lot par lot, pas par catégorie.

Combien rapporte une résidence étudiante ?

Les loyers proposés dans le neuf se situent le plus souvent entre 3,5 et 4,5 % du prix hors taxes, avant taxe foncière et charges restant à votre charge. Le rendement net réellement perçu est inférieur, et le rendement global dépend surtout du prix de revente, qui se forme au rendement et non au mètre carré. Notre exemple chiffré détaille ce calcul.

Puis-je récupérer la TVA sur un studio étudiant ?

Oui si la résidence propose au moins trois des quatre services (petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception) et si vous louez à l'exploitant par bail commercial : le b bis et le c du 4° de l'article 261 D du CGI rendent alors l'opération taxable, et la TVA payée sur le prix devient déductible. Elle se régularise par vingtièmes en cas de sortie du régime avant vingt ans (art. 207 de l'annexe II au CGI).

Que se passe-t-il l'été, quand les étudiants partent ?

Rien pour vous tant que le bail commercial est exécuté : l'exploitant vous doit le loyer douze mois sur douze, qu'il ait rempli la résidence ou non. Le risque estival est le sien, et il pèse sur sa capacité à tenir le loyer dans la durée. C'est pourquoi la solidité de l'exploitant et sa stratégie de remplissage hors période universitaire sont à vérifier avant de signer.

L'exploitant peut-il baisser mon loyer ou partir ?

Le bail commercial dure au moins neuf ans (art. L145-4 du Code de commerce) et le preneur peut, sauf stipulation contraire admise par le texte, donner congé à chaque échéance triennale. Une baisse de loyer en cours de bail ne s'impose pas à vous, mais elle est fréquemment demandée quand les premiers loyers, financés dans le prix, cessent de l'être. Notre article sur l'exploitant en difficulté détaille les scénarios.

Dois-je réintégrer les amortissements à la revente ?

Non pour une résidence étudiante : l'article 150 VB, III du CGI, qui minore le prix d'acquisition des amortissements déduits pour les cessions depuis le 15 février 2025, écarte expressément les résidences mentionnées aux articles L631-12 et L631-13 du CCH destinées aux étudiants, ainsi que les établissements pour personnes âgées ou handicapées. Vérifiez que la résidence relève bien de ce statut.

Combien de temps dois-je garder le lot ?

Aucune durée légale d'engagement n'existe en LMNP hors régime Censi-Bouvard, fermé depuis 2023. Deux horizons comptent : la fin du bail commercial initial (neuf ans le plus souvent), qui fixe le loyer sur lequel un acheteur se fondera, et les vingt ans de régularisation de la TVA, neutralisés si l'acheteur reprend le bail (art. 257 bis du CGI, réponses Giraud 2008 et Candelier 2010).

Neuf ou marché secondaire : par où commencer ?

Par le marché secondaire de la ville visée, même si vous achetez neuf : les lots d'occasion en résidence étudiante indiquent le rendement que les acheteurs exigent réellement, donc le prix auquel votre lot neuf se revendra. Si ce rendement dépasse nettement celui du programme neuf, l'écart mesure la décote probable à la revente.

Ce qu'il faut retenir

La résolution : la résidence étudiante gérée mérite d'être étudiée, parce que sa demande est documentée, sa fiscalité de sortie favorable et son ticket d'entrée accessible ; elle ne mérite d'être achetée qu'au prix que le marché secondaire de la ville accepte, avec un exploitant aux comptes lisibles et un loyer que l'exploitation peut réellement payer. Le rappel : signer sur le loyer de la plaquette sans avoir vérifié le prix d'occasion, c'est accepter d'avance la décote que le rapport IGF/CGEDD relève sur 80 % d'un échantillon de lots revendus, et la découvrir le jour où l'on veut vendre. La prochaine lecture : notre comparatif neuf ou marché secondaire explique comment lire le prix d'un lot d'occasion et s'en servir pour négocier un lot neuf, suite logique de la grille ci-dessus. Et pour votre dossier : lors d'un premier entretien, gratuit et sans engagement, nous passons avec vous les sept critères de la grille sur le programme que vous envisagez, pièces en main, et nous vous disons ce qui manque avant de réserver.

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Les textes, rapports et statistiques ont été consultés en septembre 2026. Les paragraphes cités renvoient au BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 sauf mention contraire. L'exemple chiffré est illustratif et ne constitue ni une garantie de loyer ni une estimation de prix de revente. Cet article est fourni à titre d'information et ne constitue pas un conseil fiscal ou en investissement.

Sources consultées : art. L631-12 du CCH; art. L145-4 du Code de commerce; art. 261 D, 257 bis et 150 VB du CGI ; art. 207 de l'annexe II au CGI; BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20; réponses ministérielles Giraud n° 9158 et Candelier n° 58985; rapport IGF/CGEDD sur le dispositif Censi-Bouvard (juin 2022); SIES, note flash n° 17 (juillet 2025); dossier de presse du plan logements étudiants (5 septembre 2025); brief de rentrée des Crous (26 août 2026).

Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart Financier.

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