Problèmes & Risques

Investir dans une résidence d'affaires en LMNP : avis, risques, rendement

L'appart'hôtel est le plus hôtelier des LMNP gérés : son loyer dépend des déplacements professionnels d'une ville, de la concurrence des hôtels et des meublés, et d'un seul exploitant. Ce que disent l'INSEE, le Code de commerce et le CGI avant de signer.

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Septembre 2026 Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart FinancierTemps de lecture : 29 minutes
Façade d'une résidence de services moderne avec hall d'accueil vitré

La réponse courte : une résidence d'affaires (ou appart'hôtel) en LMNP géré est un placement dont le loyer repose sur une clientèle de voyageurs professionnels, la plus sensible au cycle économique de toutes les résidences gérées. « Résidence d'affaires » n'est pas une catégorie juridique : l'établissement est un hôtel de tourisme, une résidence de tourisme ou un établissement non classé, et ce classement décide du bail que vous signez. Sa fiscalité est celle du LMNP en résidence de services (TVA récupérable si trois des quatre services de l'article 261 D sont proposés), sans l'exception que l'article 150 VB, III réserve aux résidences étudiantes, seniors et de soins : les amortissements déduits sont réintégrés à la revente. L'INSEE mesure un recul des nuitées d'affaires de 14,5 % au troisième trimestre 2025 sur un an, après une année 2020 où les nuitées hôtelières ont été divisées par deux. Notre avis : un produit à réserver aux investisseurs qui acceptent un revenu variable, dans une ville où la clientèle d'entreprises est documentée, à un prix cohérent avec le marché secondaire et avec un bail lu ligne à ligne.

Vous avez reçu une proposition pour un studio ou un deux-pièces dans un appart'hôtel proche d'une gare, d'un quartier d'affaires ou d'un parc d'expositions. Le loyer est présenté comme garanti par un bail commercial, la TVA est récupérable, l'exploitant affiche un taux d'occupation confortable. Vous vous demandez ce qui distingue ce produit d'une résidence de tourisme ou d'une chambre d'hôtel, si le rendement annoncé tient, et ce qui arrive au loyer quand les entreprises réduisent leurs déplacements.

Cet article répond à ces questions à partir de sources publiques : le Code du tourisme pour le classement, le Code de commerce pour le bail (articles L145-4, L145-7-1, L145-14 et R145-35), le CGI et le BOFiP pour la TVA et la plus-value (articles 261 D, 207 de l'annexe II, 257 bis et 150 VB), l'INSEE pour la clientèle professionnelle et la crise de 2020, et le rapport IGF/CGEDD de juin 2022 pour le marché secondaire. Il compare l'appart'hôtel aux trois autres familles de résidences gérées, dresse le tableau des risques et des parades, propose un exemple chiffré et une liste de huit questions à poser avant de signer.

Qu'est-ce qu'une résidence d'affaires, et en quoi diffère-t-elle d'un hôtel ou d'une résidence de tourisme ?

Le terme « résidence d'affaires » désigne, dans le langage des commercialisateurs, un ensemble d'appartements meublés avec réception, ménage et linge, exploités à la nuitée ou à la semaine pour une clientèle de voyageurs professionnels : salariés en mission, consultants, formateurs, participants à un salon. Nous n'avons trouvé ce terme dans aucun code. En droit, l'établissement relève de l'une des catégories du Code du tourisme, ou d'aucune.

L'article D311-4 du Code du tourisme définit l'hôtel de tourisme comme un établissement commercial d'hébergement classé qui offre « des chambres ou des appartements meublés en location à une clientèle de passage », pour une occupation à la journée, à la semaine ou au mois, sans que le client y élise domicile. L'article D321-1 définit la résidence de tourisme comme un établissement classé constitué « de locaux d'habitation meublés et de locaux à usage collectif », proposés « à une clientèle touristique qui n'y élit pas domicile », gérés « par une seule personne physique ou morale ». Un appart'hôtel peut donc être classé hôtel de tourisme (la mention des « appartements meublés » l'y autorise), classé résidence de tourisme, ou ne pas être classé du tout. Les trois cas existent, et la plaquette ne le dit pas toujours.

Repère

Demandez l'arrêté de classement de l'établissement, ou l'attestation de classement délivrée par Atout France, avant toute autre pièce. Un appart'hôtel classé résidence de tourisme relève de l'article L145-7-1 du Code de commerce (bail de neuf ans sans congé triennal) ; un appart'hôtel classé hôtel de tourisme ou non classé relève du droit commun de l'article L145-4 (congé triennal possible pour le preneur). Le mot « résidence d'affaires » ne vous renseigne pas sur ce point.

Pour la TVA, la distinction n'a pas d'importance : le BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 précise que la circonstance que le prestataire « fasse ou non l'objet d'un classement au sens du code du tourisme » est « sans incidence sur le régime applicable en matière de TVA » (§ 20). Pour le bail et pour la clientèle, elle est déterminante.

Quel rendement attendre d'une résidence d'affaires en LMNP ?

Il n'existe pas de statistique publique du rendement des appart'hôtels vendus à la découpe. Les plaquettes que nous consultons affichent le plus souvent un rendement brut hors taxes de 3,5 % à 4,5 % du prix hors TVA sur le neuf ; c'est un ordre de grandeur d'observation, pas une donnée vérifiable. Le rapport IGF/CGEDD de juin 2022 sur le dispositif Censi-Bouvard, qui a couvert les résidences de tourisme jusqu'à leur exclusion en 2017, situe les rendements affichés des résidences gérées « autour de 3,5 % » et souligne que la moins-value à la revente « n'est pas prise en compte dans les rendements affichés ».

Le rendement d'un appart'hôtel se lit autrement que celui d'une résidence étudiante. L'exploitant encaisse un chiffre d'affaires par logement qui dépend du taux d'occupation et du prix moyen par nuit, deux variables qui bougent chaque trimestre. Le loyer qu'il vous verse est une fraction de ce chiffre d'affaires. Tant que l'occupation tient, le loyer est payé ; quand elle décroche, l'exploitant n'a pas de réserve, et le rapport IGF/CGEDD rappelle que des adhérents de l'UNPI « dénoncent explicitement l'existence d'un "chantage à la baisse des loyers" de la part des exploitants ». Notre article sur le coût réel d'un LMNP et sa rentabilité détaille les charges à retrancher du loyer brut ; il est la lecture préalable à tout calcul de rendement net.

Résidence d'affaires, tourisme, étudiante, seniors : quelles différences pour l'investisseur ?

Le tableau ci-dessous compare les quatre familles de résidences gérées sur les critères qui pèsent sur le revenu et sur la sortie. Les mentions du Code de commerce et du CGI renvoient aux textes commentés plus bas.

CritèreRésidence d'affairesRésidence de tourismeRésidence étudianteRésidence seniors
ClientèleVoyageurs professionnels, quelques nuits à quelques semainesVacanciers, séjours concentrés sur les vacances scolairesÉtudiants, dix mois par anRetraités autonomes, séjours de plusieurs années
Concurrence directeHôtels, autres appart'hôtels, meublés de tourismeHôtels, campings, meublés de tourismeCrous, colocations, autres résidences privéesAutres résidences seniors, maintien à domicile
Sensibilité au cycle économiqueForte : les déplacements professionnels sont coupés en premierForte sur la clientèle étrangère, plus faible sur la clientèle résidenteFaibleFaible
Bail commercialL145-4 : congé triennal possible pour le preneur, sauf stipulation contraire admiseL145-7-1 si résidence de tourisme classée : neuf ans sans résiliation triennaleL145-4L145-4
Réintégration des amortissements à la revente (150 VB, III)OuiOuiNon (exception)Non (exception)
Récupération de la TVAOui si 3 des 4 services (261 D, 4°, b)IdemIdemIdem

Deux lignes méritent un commentaire. La sensibilité au cycle est la caractéristique propre de l'appart'hôtel : un étudiant a besoin d'un logement en septembre quelle que soit la conjoncture, un retraité ne quitte pas sa résidence parce que le PIB recule ; un directeur financier, lui, suspend les déplacements en une réunion. La ligne du bail montre que la résidence d'affaires non classée en résidence de tourisme cumule les deux positions les moins favorables : la volatilité d'une clientèle hôtelière et un preneur qui peut partir tous les trois ans. Nos articles sur la résidence étudiante et sur l'EHPAD développent les deux autres familles avec la même grille ; ils permettent de comparer à catégorie égale plutôt que sur le seul rendement affiché.

La clientèle d'entreprises est-elle encore au rendez-vous ?

C'est la question centrale, et l'INSEE y répond par son enquête mensuelle de fréquentation des hébergements collectifs touristiques. Dans sa note du troisième trimestre 2025, l'institut indique que la fréquentation hôtelière atteint 69,2 millions de nuitées, en hausse, mais que « les nuitées d'affaires diminuent de 14,5 % par rapport au troisième trimestre 2024, soit 2,7 millions de nuitées en moins ». La part de la clientèle d'affaires « est au plus bas à l'occasion du troisième trimestre et représente près de 23 % des nuitées », contre 37 % au premier trimestre et 30 % au deuxième. L'INSEE relie ce recul à une tendance de fond depuis la fin de la crise sanitaire.

Deux lectures s'imposent. La première : la croissance de l'hôtellerie en 2025 est portée par la clientèle de loisirs, résidente et étrangère, pas par les entreprises. Un appart'hôtel qui vit de la seule clientèle professionnelle n'en profite pas. La seconde : la saisonnalité est inversée par rapport au tourisme. Le premier trimestre, creux pour la résidence de tourisme, est le plus fort pour l'affaires ; l'été est son trimestre le plus faible. Une résidence bien placée compense en accueillant des touristes en juillet-août, ce qui la rapproche d'un hôtel classique et l'expose à la même concurrence. Le bilan annuel de l'INSEE pour 2025 recense 215,8 millions de nuitées hôtelières en France métropolitaine et 97,6 millions dans les autres hébergements collectifs, dont 71,9 millions en résidences de tourisme et hôtelières ; il ne ventile pas la clientèle professionnelle à l'année, et nous n'avons pas trouvé de série publique propre aux appart'hôtels.

La crise de 2020 donne l'ordre de grandeur du scénario défavorable. Le bilan touristique 2020 de l'INSEE indique que « par rapport à l'année 2019, les nuitées ont diminué de moitié dans les hôtels de France métropolitaine en 2020 », avec des chutes supérieures à 90 % en avril et mai, et une baisse de 64 % au quatrième trimestre. L'INSEE note que le tourisme d'affaires a été « particulièrement affecté ». Un exploitant sans recettes pendant deux trimestres ne paie pas son loyer avec ses réserves ; il demande une suspension ou une remise, et le propriétaire isolé n'a pas de levier. Notre article sur l'exploitant en difficulté et le loyer impayé décrit ce qui se passe alors et ce que le bail permet ou non ; il faut l'avoir lu avant de signer, pas après.

Quelle concurrence subit un appart'hôtel ?

À la différence d'une résidence étudiante, qui ne concurrence que d'autres logements étudiants, l'appart'hôtel se bat sur le prix de la nuit contre trois offres : les hôtels de la ville, les autres appart'hôtels, et les meublés de tourisme loués par des particuliers sur les plateformes. Il n'a pas d'avantage réglementaire : le voyageur professionnel compare un tarif et une localisation. Le prix moyen par nuit d'un appart'hôtel se fixe donc contre celui des hôtels trois étoiles du quartier, et l'exploitant le subit plus qu'il ne le décide.

Sur la concurrence des meublés de tourisme, la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 a renforcé les outils de régulation locale (déclaration, changement d'usage, quotas, règlement de copropriété). Elle vise les locations meublées de courte durée par des particuliers, pas les établissements classés exploités par un professionnel ; dans les villes qui l'appliquent strictement, elle peut réduire l'offre concurrente de l'appart'hôtel. C'est un effet indirect, à vérifier commune par commune, et non un argument de vente. Notre article sur les pièges du meublé de tourisme depuis la loi Le Meur détaille ce que la loi change pour le loueur individuel ; il éclaire par contraste la position de l'exploitant professionnel.

Quels sont les risques d'une résidence d'affaires, et comment les limiter ?

Le tableau réunit les huit risques que nous retenons et, pour chacun, la vérification qui le réduit. Aucune ne l'annule.

RisqueCe qui se passeParade
Recul de la clientèle d'affairesNuitées d'affaires en hôtel : moins 14,5 % au T3 2025 sur un an (INSEE). Un appart'hôtel mono-clientèle subit ce recul de plein fouet.Demander la répartition affaires/loisirs des nuitées de la résidence sur trois ans et le taux d'occupation par trimestre.
Concurrence hôtelière et courte duréeLe prix de nuit se fixe contre les hôtels de la ville et les meublés de tourisme ; l'exploitant ne maîtrise pas ce prix.Comparer le prix moyen par nuit de la résidence à celui des hôtels de catégorie équivalente ; vérifier la régulation locale des meublés.
Exploitant uniqueUn seul preneur porte tout le revenu ; sa défaillance ou sa demande de baisse de loyer n'a pas de recours simple.Comptes des trois derniers exercices, nombre de résidences exploitées, historique des renégociations.
Loyer initial financé dans le prixLe rapport IGF/CGEDD décrit des fonds de concours de 10 à 15 % du prix versés par le promoteur à l'exploitant pour tenir le loyer des premières années.Rapporter le loyer au chiffre d'affaires par chambre constaté ; comparer le prix du lot au marché secondaire de la même résidence.
Congé triennal du preneurHors résidence de tourisme classée, l'exploitant peut partir à trois, six ou neuf ans avec six mois de préavis (L145-4).Lire la clause de durée ; si une renonciation au congé triennal est stipulée, faire vérifier sa validité par le notaire.
Charges non transférablesLes grosses réparations de l'article 606 du Code civil ne peuvent pas être mises à la charge du preneur (R145-35).Budgéter une provision annuelle pour gros travaux dès la première année ; demander le plan pluriannuel de travaux.
Reprise fiscale à la reventeLes amortissements déduits diminuent le prix d'acquisition retenu pour la plus-value (150 VB, III), sans exception pour les résidences d'affaires.Simuler la plus-value à dix et quinze ans avec réintégration avant de signer.
Décote à la reventeSur 400 lots Censi-Bouvard revendus, 80 % l'ont été sous le prix d'achat (IGF/CGEDD, 2022).Retenir une moins-value de 10 % comme scénario de base, comme la mission IGF dans ses simulations.

Le risque de décote mérite d'être chiffré. Le rapport IGF/CGEDD rapporte que, sur 400 lots revendus ayant bénéficié du Censi-Bouvard, « 80 % ont été vendus par les propriétaires à une valeur inférieure au prix d'achat initial, dont 20 points de pourcentage à une valeur comprise entre 75 et 80 % du prix d'achat ». La mission en a conclu que « le maintien du capital semble donc davantage relever de l'exception que de la norme » et a retenu « une moins-value de 10 % » comme scénario de base de ses simulations. Ces lots n'étaient pas tous des appart'hôtels, mais le rapport précise que les pratiques de loyers initiaux non tenables « étaient pour l'essentiel constatées dans le secteur des résidences-services de tourisme », et que les plaintes reçues par la DGCCRF « concernent le secteur des résidences de tourisme plus que celui des résidences seniors ou des résidences étudiantes ». L'appart'hôtel appartient à cette famille hôtelière.

Que vaut le bail commercial d'une résidence d'affaires ?

Le loyer est « garanti » par un bail commercial, c'est-à-dire par la solvabilité d'un seul preneur et par les clauses du contrat. L'article L145-4 du Code de commerce dispose que la durée du bail ne peut être inférieure à neuf ans et que le preneur « a la faculté de donner congé à l'expiration d'une période triennale », avec six mois de préavis. Le texte n'admet de stipulations contraires que pour quatre catégories : les baux de plus de neuf ans, les locaux « construits en vue d'une seule utilisation », les locaux à usage exclusif de bureaux et les locaux de stockage. Si le bail que l'on vous propose contient une renonciation de l'exploitant au congé triennal, sa validité dépend de la qualification du lot au regard de cette liste ; nous n'avons pas trouvé de texte qui tranche le cas d'un appartement d'appart'hôtel, et la question relève de votre notaire.

L'article L145-7-1 écarte le congé triennal pour les baux « signés entre les propriétaires et les exploitants de résidences de tourisme » mentionnées par le Code du tourisme, qui « sont d'une durée de neuf ans minimum, sans possibilité de résiliation à l'expiration d'une période triennale ». Cette protection ne joue que si l'établissement est une résidence de tourisme classée. D'où l'importance de la première pièce à demander : un appart'hôtel classé hôtel ne bénéficie pas de ce texte.

Deux autres articles encadrent la relation. L'article L145-14 oblige le bailleur qui refuse le renouvellement à payer une indemnité d'éviction égale au préjudice causé : reprendre son lot pour changer d'exploitant a un coût. L'article R145-35 interdit d'imputer au preneur « les dépenses relatives aux grosses réparations mentionnées à l'article 606 du code civil », les travaux de mise en conformité qui en relèvent, et les honoraires de gestion des loyers : sur un appart'hôtel, où la rénovation des salles de bains et des équipements revient plus vite que dans un logement classique, cette ligne pèse. Le rapport IGF/CGEDD observe d'ailleurs que « la généralisation des baux de 11 ans », avec des clauses excluant toute révision en cours de bail, « tend à mieux protéger les investisseurs » des renégociations ; un bail de neuf ans avec congé triennal est la configuration la moins protectrice.

Quelle fiscalité pour une résidence d'affaires en LMNP ?

Trois textes gouvernent l'opération. Sur la TVA, l'article 261 D, 4° du CGI exonère les locations meublées d'habitation, sauf (b) les prestations d'hébergement du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire, avec des séjours n'excédant pas trente nuitées et au moins trois des quatre services (petit déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception), et (c) les locations de locaux consenties à l'exploitant qui réalise ces prestations. Le BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 précise que la condition de durée est remplie « dès lors que le prestataire d'hébergement propose à la clientèle une offre d'hébergement dans le local meublé considéré pour une durée pouvant être inférieure à trente nuitées » (§ 40), même si un client reste six semaines, et que les services doivent être « réellement proposés au client » avec une effectivité démontrable (§ 60). Un appart'hôtel remplit ces conditions par nature ; c'est le cas le plus simple de la para-hôtellerie, que notre guide de la para-hôtellerie en LMNP détaille service par service, avec les positions du BOFiP mises à jour en mars 2025.

La TVA récupérée sur le prix (20 %) reste acquise si l'activité taxée dure vingt ans ; l'article 207 de l'annexe II au CGI organise la régularisation par vingtièmes en cas de cessation ou de revente avant ce terme. La revente d'un lot avec son bail en cours à un acquéreur qui poursuit l'exploitation peut relever de la dispense de l'article 257 bis, dans les conditions des réponses ministérielles Giraud n° 9158 (2008) et Candelier n° 58985 (2010). Notre article LMNP en résidence gérée : neuf ou marché secondaire explique comment cette dispense fonctionne à l'achat d'occasion ; c'est souvent la voie la moins chère pour entrer dans un appart'hôtel existant dont l'historique est connu.

Vigilance : la revente

L'article 150 VB, III du CGI, dans sa rédaction issue de la loi de finances pour 2025, diminue le prix d'acquisition des amortissements déduits pendant la location meublée pour le calcul de la plus-value. Les exceptions du texte visent les résidences étudiantes (art. L631-12 et L631-13 du CCH), les résidences pour personnes âgées ou handicapées et les établissements de soins de longue durée. Ni la résidence de tourisme ni la résidence d'affaires n'y figurent : sur un appart'hôtel, la réintégration s'applique pleinement.

Le texte de l'article 150 VB est en vigueur depuis le 21 février 2026 dans sa version consultée. Concrètement, un lot amorti pendant douze ans et revendu sous son prix d'achat peut dégager une plus-value imposable, parce que les amortissements déduits ont abaissé le prix d'acquisition retenu au-dessous du prix de vente. Notre comparatif revente avant terme et reprise fiscale chiffre ce mécanisme dispositif par dispositif ; il est la lecture à faire avant de fixer votre horizon de détention.

Un exemple chiffré : que reste-t-il après dix ans ?

Les hypothèses ci-dessous sont fournies à titre illustratif, choisies pour montrer le mécanisme et non pour décrire un programme ; elles ne constituent pas une garantie de résultat et chaque paramètre doit être remplacé par ceux de votre dossier.

Un investisseur achète un studio d'appart'hôtel neuf 130 000 € hors taxes (156 000 € TTC, TVA de 26 000 € récupérée). Le bail prévoit un loyer annuel de 5 200 € hors taxes, soit 4 % du prix hors TVA. Restent à sa charge la taxe foncière (900 €), la comptabilité et les frais de gestion (400 €) et une provision pour grosses réparations (300 €) : loyer net d'environ 3 600 €, soit 2,8 % du prix hors TVA avant impôt. L'amortissement du bâti (85 % de 130 000 € sur trente ans, environ 3 700 € par an) et celui du mobilier, ajoutés aux intérêts d'emprunt, neutralisent le résultat imposable pendant la durée de détention.

À la douzième année, l'investisseur revend au scénario de base de la mission IGF, avec une moins-value de 10 % : 117 000 €. Les amortissements déduits sur le bâti atteignent environ 44 000 €. Le prix d'acquisition retenu pour la plus-value n'est plus 130 000 € mais 86 000 €, et la plus-value imposable, avant abattements pour durée de détention, s'élève à 31 000 € alors que le vendeur a perdu 13 000 € sur son capital. Si le bail n'a pas été repris par l'acquéreur dans les conditions de l'article 257 bis, huit vingtièmes de la TVA récupérée, soit 10 400 €, sont en outre à reverser. Le même studio en résidence étudiante, excepté par l'article 150 VB, III, n'aurait pas de plus-value imposable. C'est l'écart que l'appellation « résidence d'affaires » masque et que le tableau comparatif signale.

Quelles questions poser avant de signer ?

Ces huit questions se posent au commercialisateur et à l'exploitant, par écrit, avant la réservation. Une réponse absente ou évasive à l'une d'entre elles suffit à s'abstenir.

  1. Quel est le classement de l'établissement (hôtel de tourisme, résidence de tourisme, non classé), et à quelle date a-t-il été obtenu ? La réponse détermine le régime du bail.
  2. Quelle est la répartition des nuitées entre clientèle professionnelle et clientèle de loisirs, année par année, sur les trois derniers exercices ?
  3. Quel est le taux d'occupation trimestre par trimestre, et quel était-il en 2020 et 2021 si la résidence existait déjà ?
  4. Quel est le prix moyen par nuit de la résidence, et comment se compare-t-il aux hôtels de catégorie équivalente à moins d'un kilomètre ?
  5. Le loyer proposé représente quelle part du chiffre d'affaires par logement ? Un exploitant qui reverse plus de la moitié de ses recettes en loyer n'a pas de marge pour un trimestre creux.
  6. Le bail prévoit-il un congé triennal pour le preneur, une clause de renonciation, et quelles charges (taxe foncière, gros travaux, renouvellement du mobilier) restent au propriétaire ?
  7. Le promoteur a-t-il versé une contribution à l'exploitant (fonds de concours, garantie de loyer) pour les premières années, et de quel montant ?
  8. À quel prix des lots comparables de cette résidence, ou d'une résidence voisine du même exploitant, se sont-ils revendus au cours des deux dernières années ?

Pour la question du prix, le marché secondaire est la seule référence : un lot d'appart'hôtel se revend au rendement qu'accepte un acheteur d'occasion, non au mètre carré du quartier. Notre article sur les meilleures villes pour un LMNP donne la méthode pour juger une localisation par ses données publiques ; pour un appart'hôtel, ajoutez-y la part de la clientèle professionnelle de la ville, que les observatoires locaux du tourisme publient souvent.

Questions fréquentes sur la résidence d'affaires en LMNP

Une résidence d'affaires en LMNP, est-ce un bon investissement ?

C'est le plus hôtelier des LMNP gérés : un revenu qui suit les déplacements professionnels d'une ville, sans plancher réglementaire de demande. Il peut convenir à un investisseur qui accepte cette variabilité, dans une ville où la clientèle d'entreprises est documentée, à un prix cohérent avec le marché secondaire. Il convient mal à qui cherche un loyer stable sur vingt ans.

Quelle différence entre résidence d'affaires, résidence de tourisme et hôtel ?

Aucune en droit : « résidence d'affaires » est un terme commercial. L'établissement est, selon son classement, un hôtel de tourisme (art. D311-4 du Code du tourisme) ou une résidence de tourisme (art. D321-1), ou n'est pas classé. C'est ce classement, et non l'appellation, qui détermine le régime du bail commercial applicable.

Combien rapporte une résidence d'affaires ?

Les rendements bruts hors taxes affichés sur le neuf se situent le plus souvent entre 3,5 % et 4,5 % du prix hors TVA, d'après les plaquettes que nous consultons ; ce n'est pas une statistique publique. Le rapport IGF/CGEDD de 2022 relève que le rendement affiché des résidences gérées, autour de 3,5 %, ne tient pas compte de la moins-value fréquente à la revente.

Puis-je récupérer la TVA sur une résidence d'affaires ?

Oui si le lot est loué à un exploitant qui propose, avec l'hébergement, au moins trois des quatre services de l'article 261 D, 4°, b du CGI (petit déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception). La TVA récupérée se régularise par vingtièmes en cas de revente ou de cessation avant vingt ans (art. 207 de l'annexe II au CGI), sauf dispense de l'article 257 bis.

L'exploitant peut-il résilier le bail au bout de trois ans ?

Si l'établissement n'est pas une résidence de tourisme classée, le bail relève de l'article L145-4 du Code de commerce : le preneur peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale, sauf stipulation contraire admise dans certains cas. Si l'établissement est une résidence de tourisme au sens du Code du tourisme, l'article L145-7-1 impose neuf ans sans résiliation triennale.

Les amortissements sont-ils réintégrés à la revente ?

Oui. Depuis la loi de finances pour 2025, l'article 150 VB, III du CGI diminue le prix d'acquisition des amortissements déduits ; les exceptions visent les résidences étudiantes, les résidences seniors et les établissements de soins. La résidence d'affaires, comme la résidence de tourisme, n'est pas exceptée.

La clientèle d'entreprises est-elle en baisse ?

D'après l'INSEE, au troisième trimestre 2025 les nuitées d'affaires dans les hôtels ont reculé de 14,5 % sur un an, soit 2,7 millions de nuitées en moins, et leur part n'était que de 23 % des nuitées du trimestre contre 37 % au premier. La tendance est à un recul depuis la fin de la crise sanitaire, à vérifier ville par ville.

Que se passe-t-il en cas de crise comme en 2020 ?

L'INSEE constate qu'en 2020 les nuitées hôtelières de France métropolitaine ont diminué de moitié par rapport à 2019, et de 64 % au quatrième trimestre. Un exploitant d'appart'hôtel n'a alors plus de recettes ; le loyer reste dû mais sa négociation à la baisse, voire sa suspension, devient probable. Le bail doit être lu avec ce scénario en tête.

Ce qu'il faut retenir

La résolution : une résidence d'affaires en LMNP est un actif hôtelier vendu comme un placement immobilier ; on l'achète en connaissant son classement, la part réelle de sa clientèle professionnelle, la solidité de son exploitant, la clause de durée de son bail et la réintégration des amortissements à la revente, à un prix aligné sur le marché secondaire. Le rappel : signer sur le loyer de la plaquette sans avoir vérifié le classement ni simulé la sortie, c'est découvrir en même temps, le jour d'un congé triennal ou d'une crise, un revenu qui s'arrête et une plus-value imposable sur un lot vendu à perte. La prochaine lecture : notre article LMNP en résidence gérée : neuf ou marché secondaire montre comment entrer dans un appart'hôtel existant, avec un historique d'occupation et un prix déjà passé par l'épreuve de la revente. Et pour votre dossier : lors d'un premier entretien, gratuit et sans engagement, nous lisons avec vous l'arrêté de classement, le bail proposé et les comptes de l'exploitant, et nous chiffrons la sortie à dix et quinze ans avec réintégration des amortissements, avant que vous décidiez.

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Les textes et statistiques ont été consultés en septembre 2026. Les paragraphes cités renvoient au BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 sauf mention contraire. Les rendements évoqués sont des ordres de grandeur d'observation et l'exemple chiffré est illustratif ; cet article est fourni à titre d'information et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Pour approfondir le régime, voir notre page pilier sur le LMNP géré.

Sources consultées : art. D311-4 et D321-1 du Code du tourisme; art. L145-4, L145-7-1, L145-14 et R145-35 du Code de commerce; art. 261 D, 257 bis et 150 VB du CGI, art. 207 de l'annexe II; BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20; réponses ministérielles Giraud n° 9158 et Candelier n° 58985; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024; INSEE, Informations rapides n° 286 (T3 2025), fréquentation des hébergements collectifs touristiques en 2025 et bilan touristique 2020; rapport IGF/CGEDD sur le dispositif Censi-Bouvard (juin 2022).

Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart Financier.

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