
La réponse courte : oui, un même immeuble peut être présenté en Malraux, en déficit foncier et en Denormandie, parce que le choix se fait investisseur par investisseur, à la déclaration de revenus, et non immeuble par immeuble. Ce choix est encadré par trois règles du CGI et du BOFiP : les mêmes dépenses de travaux ne peuvent pas ouvrir droit à une réduction d'impôt et être déduites des revenus fonciers ; le Malraux et le Denormandie ne se cumulent pas sur un même logement ; et le déficit foncier sur les travaux suppose que vous les payiez vous-même, ce qui exclut ceux qui sont compris dans le prix d'un VIR. Ce que les présentations appellent un Denormandie couplé au déficit foncier correspond, à notre lecture, à la ventilation que prévoit le BOFiP : les travaux qui ne répondent pas à la définition du Denormandie restent déductibles dans les conditions de droit commun. Sa valeur dépend entièrement de la part de travaux concernée.
Trois dispositifs pour un seul immeuble est un argument commercial efficace : il élargit la clientèle possible, du foyer qui paie quelques milliers d'euros d'impôt à celui qui en paie dix fois plus. La question de l'investisseur est différente : ai-je le droit de combiner, et lequel de ces régimes s'applique réellement à mon foyer ? Les textes répondent avec précision, à condition de les lire jusqu'aux règles de non-cumul.
Cet article explique comment un même immeuble peut ouvrir droit à trois avantages, ce qui se cumule et ce qui ne se cumule pas — références du CGI et du BOFiP à l'appui —, ce que recouvre un Denormandie couplé au déficit foncier avec un exemple chiffré qui en donne l'ordre de grandeur, et les questions à poser à l'opérateur avant de choisir.
Comment un même immeuble peut-il ouvrir droit à trois régimes fiscaux ?
Parce que les trois avantages reposent sur des conditions indépendantes. Le Malraux suppose un immeuble situé dans un site patrimonial remarquable et une opération de restauration complète ; le taux de 30 % exige que le site soit couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) approuvé (art. 199 tervicies du CGI). Le Denormandie suppose une commune de la liste ministérielle des centres-villes à réhabiliter ou signataire d'une convention d'opération de revitalisation de territoire (ORT), et des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération (art. 199 novovicies, IV bis ; BOFiP BOI-IR-RICI-365-10). Le déficit foncier ne suppose ni zonage ni seuil de travaux. Un immeuble qui remplit les conditions des deux premiers peut donc être présenté avec les trois régimes.
Ce n'est pas l'immeuble qui choisit, c'est chaque acquéreur. Deux voisins de palier peuvent opter pour deux régimes différents, et un même investisseur peut, sur deux lots distincts, retenir deux régimes différents : la règle de non-cumul vise un même logement (BOFiP BOI-IR-RICI-200-30, § 150). Le tableau met les trois régimes côte à côte.
| Malraux | Déficit foncier | Denormandie ancien | |
|---|---|---|---|
| Nature de l'avantage | Réduction d'impôt : 30 % (PSMV approuvé) ou 22 % des travaux éligibles | Déduction des travaux du revenu global, dans la limite de 10 700 € par an (21 400 € pour certains travaux énergétiques), puis report sur les revenus fonciers pendant dix ans | Réduction d'impôt de 12, 18 ou 21 % du prix de revient (prix, frais et travaux d'amélioration), selon l'engagement de 6, 9 ou 12 ans |
| Base et plafond | 400 000 € de travaux éligibles sur quatre années consécutives ; le prix du lot n'entre pas dans la base | Dépenses de travaux payées dans l'année ; 10 700 € (ou 21 400 €) imputables sur le revenu global, revenus fonciers sans plafond | 5 500 € par m² de surface habitable, 300 000 € par contribuable et par an, deux logements au plus par an |
| Condition sur l'immeuble | Site patrimonial remarquable ; restauration complète ; PSMV approuvé pour 30 % | Aucun zonage ; régime réel d'imposition des revenus fonciers | Commune de la liste ministérielle des centres-villes à réhabiliter ou signataire d'une convention ORT ; travaux d'au moins 25 % du coût total, facturés par une entreprise |
| Engagement | Location pendant neuf ans au moins, comme habitation principale du locataire | Immeuble loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation | Location pendant 6, 9 ou 12 ans, avec plafonds de loyers et de ressources |
| Rythme de l'avantage | Année de paiement des travaux ; solde non imputé reportable trois ans | Année de paiement des travaux ; excédent reportable dix ans sur les revenus fonciers | Année d'achèvement des travaux, puis un sixième ou un neuvième par an ; aucun report |
| Plafonnement global des niches (10 000 €) | Hors plafond | Hors plafond (imputation de charges, pas une réduction) | Dans le plafond |
Sources du tableau : art. 199 tervicies et 199 novovicies du CGI ; BOFiP BOI-IR-RICI-200-20 et 200-30, BOI-IR-RICI-365-10 et 365-30, BOI-RFPI-BASE-30-20 ; le tableau du plafonnement des niches fiscales pour la dernière ligne. Les plafonds de loyers et de ressources du Denormandie sont détaillés dans notre analyse du coût réel d'un Denormandie.
Peut-on cumuler Malraux et Denormandie sur un même logement ?
Non. Le BOFiP range le Denormandie ancien parmi les réductions d'impôt avec lesquelles le Malraux ne se cumule pas, pour un même logement ou une même souscription (BOI-IR-RICI-200-30, § 150). La règle symétrique figure au E du I de l'article 199 novovicies : le BOFiP la commente pour le Pinel (BOI-IR-RICI-360-30-20, § 140) et la rend applicable au Denormandie ancien (BOI-IR-RICI-365-30, § 200). En pratique, chaque logement se rattache à l'un ou à l'autre. Le choix entre deux logements du même immeuble reste, lui, ouvert.
Les mêmes travaux peuvent-ils ouvrir une réduction d'impôt et un déficit foncier ?
Non plus. Pour le Denormandie, le F du I de l'article 199 novovicies dispose que les dépenses de travaux retenues pour le calcul de la réduction ne peuvent faire l'objet d'une déduction pour la détermination des revenus fonciers. Pour le Malraux, le BOFiP écrit la même chose et va plus loin : la part de travaux qui dépasse le plafond de 400 000 € n'est, elle non plus, ni reportable ni déductible (§ 95 et 160).
Le Malraux laisse toutefois une porte : le contribuable peut choisir de ne pas bénéficier de la réduction et déduire les travaux de restauration selon les règles de droit commun, avec une imputation sur le revenu global limitée à 10 700 € et un report sur les revenus fonciers des dix années suivantes (§ 170). Cette porte se referme pour les travaux compris dans un VIR : ils constituent un élément du prix d'acquisition et ne sont pas déductibles, même en renonçant à la réduction.
Que recouvre un Denormandie couplé au déficit foncier ?
Le libellé n'a pas de définition légale : aucun régime de ce nom n'existe dans le CGI. Voici ce que les textes permettent, ce qu'ils ne disent pas, et l'ordre de grandeur en jeu.
Dans son commentaire du Denormandie (BOFiP BOI-IR-RICI-365-30, § 10), l'administration distingue deux catégories de travaux qui restent hors de la base de la réduction : ceux réalisés après l'achèvement des travaux d'amélioration, et ceux qui ne répondent pas à la définition des travaux d'amélioration, quelle que soit leur date. Elle précise que ces dépenses peuvent, le cas échéant, être admises en déduction dans les conditions de droit commun pour la détermination des revenus fonciers. Le contribuable doit d'ailleurs joindre à sa déclaration une note récapitulative des travaux qui distingue les travaux éligibles des autres (§ 250). Le texte ne crée donc pas un cumul : il organise un partage, dépense par dépense.
Exemple arithmétique, hypothèses fictives : un logement acheté 100 000 €, frais de notaire d'environ 7 500 €, 45 000 € de travaux répondant à la définition du Denormandie (soit plus de 25 % du coût total) et 8 000 € de travaux hors définition. La base de la réduction est de 152 500 €. À 18 % sur neuf ans, la réduction totale est de 27 450 €, soit 3 050 € par an. Les 8 000 € de travaux hors définition, s'ils remplissent les conditions de déductibilité de droit commun et sont imputés sur le revenu global, économisent 2 400 € à une tranche marginale de 30 %, hors prélèvements sociaux. L'optimisation représente ici environ 8 % de l'avantage total : c'est une marge, pas un moteur. Si les travaux hors définition sont nuls, ce qui arrive dès que tout le chantier entre dans la définition, il n'y a rien à optimiser.
Un point que le BOFiP consulté ne tranche pas
Le cas des travaux éligibles mais situés au-delà des plafonds de la base — 5 500 € par m² de surface habitable et 300 000 € par contribuable et par an. En Malraux, l'excédent au-delà de 400 000 € est expressément ni reportable ni déductible. En Denormandie, le commentaire consulté (version du 28 mars 2024) ne traite pas expressément l'excédent : il ne dit ni que ces dépenses sont déductibles ni qu'elles ne le sont pas.
Notre position, par prudence : ne bâtissez aucun plan de financement sur l'hypothèse que cet excédent serait déductible, tant qu'un texte, un rescrit ou l'avis écrit d'un conseil fiscal ne l'a pas confirmé sur votre dossier.
Le montage juridique décide de ce qui reste possible : VIR, ASL ou marché de travaux
Le déficit foncier sur les travaux suppose que vous les supportiez vous-même. C'est ce qui départage les montages. En VIR, le vendeur s'engage à réaliser les travaux dans un contrat unique : leur part fait partie du prix d'acquisition, ce qui les exclut des charges déductibles des revenus fonciers (BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30-30, I-A-3). En ASL ou en marché de travaux, les travaux sont financés par des appels de fonds distincts de l'acte de vente : ce sont des dépenses que vous supportez.
| Montage | Malraux | Déficit foncier | Denormandie |
|---|---|---|---|
| VIR (vente d'immeuble à rénover) | Oui : réduction sur le prix des travaux payé au vendeur selon l'échéancier (BOFiP § 10) | Non pour les travaux du contrat : ils font partie du prix d'acquisition (BOFiP RFPI, I-A-3) | Oui : la base comprend la part de travaux d'amélioration stipulée au contrat (BOFiP § 20) |
| ASL ou marché de travaux payé par l'acquéreur | Oui, sur les sommes payées et justifiées (BOFiP § 100) | Oui, sur les dépenses effectivement payées et déductibles selon le droit commun | Oui, pour les travaux d'amélioration facturés par une entreprise |
Le BOFiP consulté ne consacre pas de développement spécifique à l'ASL pour le déficit foncier et le Denormandie : le tableau applique la règle générale — dépenses supportées et justifiées par le propriétaire —, à confirmer opération par opération. Conséquence logique : une opération vendue avec les trois régimes est montée en ASL ou en marché de travaux. Une opération en VIR qui affiche le déficit foncier appelle une question précise : sur quelles dépenses, puisque celles du contrat n'y ouvrent pas droit ? Le choix du montage fait l'objet d'un article dédié : notre comparatif VIR ou ASL en loi Malraux traite l'apport, la protection de chantier et la fiscalité de revente.
Quel régime pour quel niveau d'impôt : de quelques milliers à 20 000 € par an ?
Les trois avantages n'absorbent pas le même profil, pour des raisons mécaniques que le texte fixe. La réduction Denormandie est répartie par fractions annuelles égales : sur une base de 150 000 €, elle représente de l'ordre de 3 000 € par an, et la part qui dépasse l'impôt d'une année est perdue (BOFiP § 150 et 160). La réduction Malraux est concentrée sur les années de paiement des travaux, mais son solde est reportable trois ans. Le déficit foncier, enfin, suit une cascade que décrit le BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20: les intérêts d'emprunt sont déduits en priorité des revenus bruts, puis les autres charges, dont les travaux ; le déficit qui en résulte s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, l'excédent étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Exemple arithmétique pour un foyer qui perçoit déjà 15 000 € de revenus fonciers nets et paie 25 000 € de travaux dans l'année, sans intérêts : le revenu foncier est ramené à zéro et 10 000 € de déficit s'imputent sur le revenu global, sous le plafond de 10 700 €. À une tranche marginale de 30 % et 17,2 % de prélèvements sociaux, l'économie est de 7 080 € sur la partie foncière (15 000 × 47,2 %) et de 3 000 € sur la partie globale, soit 10 080 € — 40 % des travaux. Pour les mêmes 25 000 € de travaux, une réduction Malraux de 30 % représenterait 7 500 €. Le résultat s'inverse dès que le foyer n'a pas de revenus fonciers ou que sa tranche est faible : c'est la raison pour laquelle un calcul sur votre situation précède tout choix.
| Profil (illustratif) | Régime qui l'absorbe en général le mieux | Pourquoi |
|---|---|---|
| Impôt annuel de quelques milliers d'euros, sans revenus fonciers | Denormandie à base modérée, ou déficit foncier, après calcul | Le Denormandie se perd au-delà de l'impôt de l'année ; le Malraux concentre l'avantage sur peu d'années ; le déficit foncier économise la tranche marginale sur les dépenses. |
| Impôt annuel élevé (ordre de grandeur : plusieurs milliers d'euros par an, davantage encore pour un Malraux sérieux) | Malraux | Reportable sur trois ans et hors plafonnement global : c'est le régime qui absorbe le mieux un fort impôt. |
| Revenus fonciers existants de 15 000 à 20 000 € nets | Déficit foncier | Le déficit neutralise d'abord ces revenus, sans plafond et prélèvements sociaux compris, avant d'atteindre le revenu global. |
| Tranche marginale à 41 ou 45 % | Monuments historiques ou Malraux | L'économie d'une déduction croît avec la tranche ; le Malraux échappe au plafonnement des niches. |
Ce tableau donne des ordres de grandeur, pas des règles légales. Notre article sur les seuils d'impôt à partir desquels chaque dispositif devient rentable retient environ 3 000 € d'impôt annuel pour un Denormandie et 7 000 à 8 000 € pour un Malraux ; le simulateur permet de comparer les trois sur votre impôt réel.
Quelles questions poser à un opérateur qui annonce trois régimes ?
- Quel est le montage juridique — VIR, ASL, marché de travaux — et qui paie les travaux ?
- Quelle est la ventilation écrite des travaux, par lot et par nature : éligibles Malraux, éligibles Denormandie, non éligibles ?
- Sur quel document repose le taux de 30 % : quelle est la référence de l'arrêté d'approbation du PSMV ?
- La commune figure-t-elle dans la liste de l'arrêté du 26 mars 2019 ou a-t-elle signé une convention ORT ?
- Quels lots ouvrent droit à quel régime, et un même acquéreur peut-il combiner des régimes sur des lots distincts ?
- Quel est l'échéancier daté des appels de fonds et la date d'achèvement prévue ?
- Peut-on obtenir une simulation chiffrée par régime sur votre impôt réel, hypothèses à l'appui ?
Ces sept réponses, obtenues par écrit avant la réservation, constituent l'essentiel du dossier que vous devrez pouvoir présenter en cas de contrôle. Le calendrier des appels de fonds, en particulier, décide de l'année de départ de chaque avantage : c'est le sujet de notre article sur la date limite de défiscalisation en fin d'année.
Questions fréquentes sur les trois régimes
Puis-je acheter deux lots du même immeuble, l'un en Malraux et l'autre en Denormandie ?
La règle de non-cumul vise un même logement : pour un même logement, le Malraux ne se cumule pas avec le Denormandie ancien (BOFiP BOI-IR-RICI-200-30, § 150). Sur deux logements distincts, chacun peut relever d'un régime différent, sous réserve que chaque lot remplisse les conditions du régime choisi. Côté Denormandie, la réduction ne peut être calculée que sur deux logements au plus par année d'imposition, Pinel compris (BOI-IR-RICI-365-30, § 180).
Le Malraux empêche-t-il tout déficit foncier ?
Non. Seules les dépenses éligibles à la réduction sont exclues de la déduction (BOFiP, § 160). Les autres charges — intérêts d'emprunt, taxe foncière, primes d'assurance, frais de gestion — restent déductibles selon le droit commun. Le déficit qu'elles créent s'impute sur les revenus fonciers et, lorsqu'il provient des intérêts d'emprunt, uniquement sur les revenus fonciers des dix années suivantes (BOI-RFPI-BASE-30-20).
Peut-on changer de régime après avoir acheté ?
Le BOFiP prévoit expressément l'option pour le Malraux : le contribuable peut choisir de ne pas bénéficier de la réduction et de déduire les travaux selon le droit commun, sauf pour les travaux compris dans le prix d'un VIR (BOI-IR-RICI-200-30, § 170). Pour le Denormandie, une option définitive et irrévocable est prévue entre Pinel et Denormandie dans le cas particulier d'un local transformé en logement (BOI-IR-RICI-365-30, § 210). Pour le reste, faites confirmer le point par écrit avant la première déclaration : la logique du texte est que chaque dépense n'ouvre droit qu'à un seul avantage.
Un Denormandie couplé au déficit foncier est-il un dispositif à part entière ?
Non. Il n'existe aucun régime de ce nom dans le CGI. L'expression désigne, selon notre lecture, la ventilation que le BOFiP prévoit entre les travaux retenus dans la base de la réduction Denormandie et les travaux qui n'y entrent pas, ces derniers restant déductibles des revenus fonciers dans les conditions de droit commun (BOI-IR-RICI-365-30, § 10). L'avantage supplémentaire porte donc sur cette seule part de travaux, qui peut être faible, voire nulle.
Le taux de 30 % du Malraux dépend-il de l'immeuble ou de l'acquéreur ?
De l'immeuble. Le taux de 30 % s'applique aux dépenses effectuées pour des immeubles situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur approuvé ; le taux de 22 % est le taux de base (art. 199 tervicies du CGI ; BOFiP, § 135). Demandez la référence de l'acte d'approbation du PSMV et vérifiez qu'il est approuvé, et non en cours d'élaboration.
Quel impôt faut-il payer pour qu'un Denormandie soit pleinement utilisé ?
La réduction est répartie par fractions annuelles d'un sixième ou d'un neuvième, et la part qui dépasse l'impôt d'une année est perdue (BOI-IR-RICI-365-30, § 150 et 160). Sur une base de 150 000 €, la réduction représente de l'ordre de 3 000 € par an ; un foyer imposé nettement moins que cela ne l'utilise pas entièrement. Notre article sur les seuils d'impôt donne les ordres de grandeur par dispositif.
Un foyer qui a déjà des revenus fonciers est-il mieux placé en déficit foncier ?
Souvent, oui, pour une raison mécanique : le déficit provenant des dépenses autres que les intérêts s'impute d'abord sur les revenus fonciers, sans plafond, avant que l'excédent, dans la limite de 10 700 €, s'impute sur le revenu global (BOI-RFPI-BASE-30-20). L'économie porte alors aussi sur les prélèvements sociaux du revenu foncier neutralisé. Le résultat dépend de votre tranche marginale et doit se calculer sur votre situation.
Comment vérifier que la ventilation des travaux annoncée par l'opérateur est fiable ?
Demandez un descriptif chiffré par nature de travaux et par lot, distinguant ce qui relève de la définition Denormandie, du Malraux et du reste. Le BOFiP exige lui-même, pour le Denormandie, une note récapitulative annexée à la déclaration, qui distingue les travaux éligibles des autres (BOI-IR-RICI-365-30, § 250) : un opérateur qui ne peut pas la préparer n'a pas ventilé.
Ce qu'il faut retenir
La résolution : trois régimes sur un immeuble, c'est trois options individuelles, pas trois avantages cumulés. Chaque euro de travaux n'ouvre droit qu'à un seul avantage, le Malraux et le Denormandie ne se cumulent pas sur un même logement, et le déficit foncier sur les travaux suppose un montage où vous les payez. Le rappel : le Denormandie couplé au déficit foncier est une ventilation de travaux, dont la valeur dépend de la part hors définition, souvent modeste ; l'excédent au-delà des plafonds n'est pas tranché par le commentaire consulté. La prochaine lecture : notre analyse du déficit foncier détaille le mécanisme d'imputation, et celle du coût réel d'un Malraux le rapporte à l'effort de trésorerie. Et pour votre dossier : lors d'un premier entretien, gratuit et sans engagement, comparez les trois régimes sur votre impôt réel et exigez de l'opérateur la ventilation écrite des travaux : c'est ce document qui détermine ce que votre déclaration pourra retenir.
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Les règles, taux et plafonds cités correspondent au cadre légal et doctrinal consulté en septembre 2026, sont fournis à titre d'information et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les exemples chiffrés reposent sur des hypothèses fictives et ne sont pas des cas réels. L'interprétation de l'expression « Denormandie couplé au déficit foncier » est la nôtre : elle n'a pas de définition légale. Le commentaire administratif consulté sur le Denormandie date du 28 mars 2024.
Sources : art. 199 tervicies et 199 novovicies du CGI (Légifrance) ; BOFiP BOI-IR-RICI-200-20 et 200-30 (Malraux), BOI-IR-RICI-365-10 et 365-30 (Denormandie ancien), BOI-IR-RICI-360-30-20 (non-cumul), BOI-RFPI-BASE-20-30-30 et BOI-RFPI-BASE-30-20 (travaux et déficits fonciers) ; arrêté du 26 mars 2019 relatif à la liste des communes ouvrant droit à la réduction d'impôt Denormandie.
Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart Financier.