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Défiscalisation fin 2026 : jusqu'à quelle date signer, pour quel avantage ?

Un acte signé le 29 décembre ne fait pas gagner une année d'impôt à lui seul : pour le Malraux, le déficit foncier et les Monuments historiques, ce sont les travaux payés avant le 31 décembre qui comptent ; pour le Denormandie, l'achèvement du chantier. Dispositif par dispositif, avec les textes.

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Septembre 2026 Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart FinancierTemps de lecture : 26 minutes
Immeuble haussmannien dont le rez-de-chaussée est bordé de barrières de chantier, illustrant le calendrier des travaux payés en fin d'année

La réponse courte : pour le Malraux, le déficit foncier et les Monuments historiques, l'avantage de 2026 porte sur les travaux effectivement payés au plus tard le 31 décembre 2026 — pas sur la date de signature de l'acte. Pour le Denormandie, la réduction se rattache, en règle générale, à l'année d'achèvement des travaux, sauf quand le logement est acheté déjà rénové. Un acte signé le 29 décembre, sans qu'aucun appel de fonds travaux soit réglé avant le 31, peut donc ne produire aucune économie sur l'impôt 2026. Et le 31 décembre 2026 n'éteint aucun de ces dispositifs : ce qui se joue à la fin de l'année, c'est l'année d'imputation, pas la survie de l'avantage.

À l'approche de la fin d'année, les présentations d'opérations mettent en avant un objectif de signature avant le 31 décembre. La logique est connue : une année fiscale qui se ferme, une réduction ou une déduction à ne pas laisser passer. Encore faut-il savoir ce que la signature déclenche exactement. Pour les quatre dispositifs liés à des travaux, la loi et le commentaire administratif (le BOFiP) rattachent l'avantage à un événement précis — et ce n'est presque jamais la date de l'acte authentique.

Cet article donne, pour chaque dispositif, le fait générateur retenu par les textes, le calendrier légal minimal à remonter depuis le 31 décembre 2026 et les questions à poser à un opérateur avant de signer en fin d'année. Il ne dit pas s'il faut investir : il dit ce qu'une date de signature vous rapporte réellement sur l'impôt 2026.

Quelle est la date limite pour défiscaliser en 2026, dispositif par dispositif ?

Il n'existe pas une date limite, mais quatre règles de rattachement — une par dispositif. Le tableau les résume, avec la référence à lire pour chacune.

DispositifCe qui rattache l'avantage à une annéeEffet d'un acte signé le 30 décembre 2026Référence
Malraux (site patrimonial remarquable : 30 % avec PSMV approuvé, 22 % avec PVAP)Le paiement des travaux éligibles à l'entreprise — ou, en VIR, au vendeur selon l'échéancier du contratRéduction sur les seules sommes réglées avant le 31/12/2026 ; solde reportable sur 3 ans si l'impôt est insuffisantCGI art. 199 tervicies ; BOI-IR-RICI-200-30, § 1, 10, 100 et 146
Déficit foncierLe paiement des dépenses de travaux dans l'année, acomptes comprisDéduction sur les seuls travaux payés avant le 31/12/2026 ; aucune déduction pour les travaux compris dans le prix d'un VIRBOI-RFPI-BASE-20-30-30, § 30, 40 et I-A-3 ; BOI-RFPI-BASE-30-20
Monuments historiquesLe paiement des travaux : ils sont déduits des revenus de l'année de leur paiementDéduction sur les seuls travaux payés avant le 31/12/2026BOI-RFPI-SPEC-30-20-10 et 30-20-20
DenormandieL'achèvement des travaux (logement acheté pour être rénové) ou la signature de l'acte authentique (logement acheté déjà rénové)Aucune réduction en 2026 tant que le chantier n'est pas achevé ; première fraction (1/6 ou 1/9) l'année d'achèvementCGI art. 199 novovicies ; BOI-IR-RICI-365-30, § 150

Deux précisions. Ces règles fixent l'année à laquelle l'avantage se rattache, pas son montant : celui-ci dépend du prix des travaux, des plafonds et de votre impôt. Et elles décrivent le cas général — les montages particuliers (VIR, ASL, copropriété) modifient la manière dont un paiement est daté, comme on le voit ci-dessous.

Malraux : pourquoi la signature de l'acte ne déclenche-t-elle pas la réduction 2026 ?

L'article 199 tervicies du CGI accorde la réduction d'impôt « au titre de l'année du paiement des dépenses ». Le commentaire administratif précise le fait générateur : c'est la date de paiement des dépenses éligibles, par le propriétaire ou son mandataire, à l'entreprise qui réalise les travaux (BOFiP BOI-IR-RICI-200-30, § 1). Le prix du lot et les frais de notaire n'entrent pas dans la base : la réduction porte sur les travaux éligibles, à l'exclusion du prix d'acquisition (§ 80).

Deuxième point : seules ouvrent droit à la réduction, au titre de l'année de leur versement, les sommes effectivement acquittées dont le contribuable justifie qu'elles ont été affectées au paiement des travaux éligibles. Des sommes versées au fur et à mesure du chantier et facturées se rattachent à l'année de chaque paiement (§ 100). Exemple arithmétique : un appel de fonds de 40 000 € réglé le 30 décembre 2026 dans un secteur couvert par un PSMV approuvé produit 12 000 € de réduction au titre de 2026, économie qui apparaît à l'avis d'impôt de l'été 2027. Le même appel de fonds réglé le 4 janvier 2027 produit les mêmes 12 000 €, mais au titre de 2027.

Le rattachement dépend enfin du montage. En VIR, le fait générateur est le paiement au vendeur, selon l'échéancier prévu au contrat, du prix des travaux à réaliser (§ 10). En ASL ou en copropriété, vous versez des appels de fonds à une structure qui règle ensuite les entreprises : le commentaire vise le paiement à l'entreprise par le propriétaire ou son mandataire, et exige la justification de l'affectation des sommes. Nous n'avons pas trouvé de commentaire qui tranche expressément le cas d'un appel de fonds versé le 30 décembre et employé par la structure en janvier. Ce point se confirme par écrit, opération par opération, avec l'opérateur et votre conseil fiscal — notre article sur le choix entre VIR et ASL développe l'écart de calendrier entre les deux montages.

Le cas où une signature en décembre ne rapporte rien en 2026

Acte signé le 29 décembre, premier appel de fonds travaux prévu en février : aucune somme n'est payée en 2026, donc aucune réduction Malraux ni aucune déduction en déficit foncier au titre de 2026. Ce n'est pas un défaut de l'opération, c'est son échéancier. La question utile n'est pas « quand est l'acte ? » mais « quelle somme de travaux sera réglée, à l'entreprise, avant le 31 décembre ? ».

Malraux : combien d'années reste-t-il pour payer les travaux quand on achète en cours d'opération ?

La période pendant laquelle les dépenses sont éligibles ne part pas de votre achat. Elle est calée sur le permis de construire (ou sur l'expiration du délai d'opposition à la déclaration préalable) et court jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivante, soit quatre années d'imposition au plus (BOFiP, § 30). Un transfert de permis à un nouveau bénéficiaire ne relance pas cette période (§ 50). C'est aussi sur cette fenêtre que s'applique le plafond de 400 000 € de travaux éligibles : au-delà, la somme n'est ni reportable ni déductible des revenus fonciers (§ 93 et 95).

Exemple arithmétique, sur des dates fictives : un permis délivré le 12 mars 2025 ouvre la période jusqu'au 31 décembre 2028. Un acquéreur dont le premier appel de fonds est réglé en 2027 ne dispose plus que de deux années civiles, 2027 et 2028, pour payer sa part de travaux dans cette opération. La réduction reste reportable trois ans, mais les dépenses, elles, ne le sont pas. Connaître la date du permis avant de raisonner sur un calendrier de signature est donc plus utile que de connaître la date de livraison annoncée.

Autre condition à garder en tête : l'engagement de louer l'immeuble pendant au moins neuf ans est constaté au dépôt de la déclaration de revenus de l'année au titre de laquelle le fait générateur intervient (BOFiP BOI-IR-RICI-200-20, § 1 et 10). Le premier paiement de travaux ne fait donc pas que dater la réduction : il date aussi le début de l'engagement.

Déficit foncier : les travaux payés en décembre comptent-ils pour 2026 ?

Oui, à condition de comprendre ce qui est déductible, à quel titre, et à quelle date. Pour un immeuble loué, les dépenses déductibles du revenu brut foncier d'une année sont celles que le propriétaire a effectivement acquittées cette année-là. Les acomptes sur travaux sont retenus l'année du versement, même si les travaux sont exécutés plus tard : le BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30-30 (§ 30 et 40) s'appuie sur une décision du Conseil d'État du 16 février 2000 (n° 188967).

Trois situations changent la lecture. En VIR, les travaux que le vendeur s'engage à réaliser sont un élément du prix d'acquisition : leur part n'est pas une charge déductible des revenus fonciers (BOFiP, I-A-3). Un lot acheté en VIR ne produit donc pas de déficit foncier sur ces travaux. En copropriété, lorsque les travaux portent sur les parties communes, la déduction passe par les provisions pour charges (art. 14-1 et 14-2 de la loi du 10 juillet 1965), avec régularisation l'année suivante ; les provisions spéciales de l'article 18 sont, elles, déduites à la date où le syndic paie effectivement les entreprises (BOFiP, III, § 170 à 190). Dans tous les cas, la déduction sur le revenu global est plafonnée à 10 700 € par an (21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique), l'excédent étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et l'immeuble doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation (BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20, § 340 et 350). Le mécanisme complet est détaillé dans notre guide du déficit foncier.

Monuments historiques : la déduction suit-elle aussi l'année de paiement ?

Oui. Le BOFiP (BOI-RFPI-SPEC-30-20-10) admet les travaux de restauration, d'entretien ou de réparation en déduction des revenus de l'année de leur paiement, et son commentaire sur les dépenses subventionnées raisonne année par année sur les dépenses effectivement payées. Le régime des Monuments historiques comporte de nombreuses conditions propres (immeuble classé ou inscrit, recettes imposables ou non, engagement de conservation) qui dépassent le cadre de cet article. Le cas d'école de la fin d'année est celui d'un revenu exceptionnel en 2026 : c'est l'année de paiement des travaux, pas celle de l'acte, qui doit coïncider avec l'année du revenu à neutraliser — le sujet de notre article sur les Monuments historiques et le revenu exceptionnel.

Denormandie : le 31 décembre 2026 est-il une date limite ?

Non. L'article 199 novovicies du CGI ouvre le Denormandie aux logements acquis entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2027. Les commentaires du BOFiP publiés le 28 mars 2024, les seuls disponibles à notre connaissance, mentionnent encore le 31 décembre 2026 : ils précèdent la prorogation votée en avril 2024, et c'est le texte de loi qui fait foi. Cet écart entre la doctrine et la loi montre pourquoi une date d'échéance se vérifie dans l'article du code lui-même, pas dans un commentaire ni dans un document commercial.

Le fait générateur, lui, dépend de la nature de l'opération. Le BOFiP (BOI-IR-RICI-365-30, § 150) le fixe ainsi ; la date d'acquisition s'y entend de celle de la signature de l'acte authentique.

Nature de l'investissementPremière année de réduction (fait générateur)
Logement acquis pour y réaliser des travaux d'améliorationDate d'achèvement des travaux
Logement acquis après travaux d'améliorationDate d'acquisition (acte authentique)
Local que le contribuable transforme en logementDate d'achèvement du logement
Logement issu de la transformation d'un local non résidentielDate d'acquisition

Concrètement : un lot acheté en décembre 2026 avec un chantier livré en 2028 produit sa première fraction de réduction au titre de 2028, deux ans après la signature. Les travaux doivent d'ailleurs être achevés au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de l'acquisition (BOFiP BOI-IR-RICI-365-10, § 100), soit le 31 décembre 2028 pour une acquisition en 2026. La réduction est ensuite répartie sur six ou neuf ans, à raison d'un sixième ou d'un neuvième par an, et la fraction qui dépasse l'impôt de l'année est perdue (BOI-IR-RICI-365-30, § 150 et 160).

Dans un immeuble vendu à la fois en Malraux et en Denormandie, le même calendrier de chantier produit ainsi deux rythmes opposés : une réduction Malraux concentrée sur les années de paiement des travaux, et une réduction Denormandie qui démarre à la livraison. Le raisonnement « quel régime pour quel foyer » en dépend directement ; il est traité dans notre article sur un même immeuble ouvert à trois régimes.

Quel calendrier remonter depuis le jeudi 31 décembre 2026 ?

Deux délais légaux encadrent une signature de fin d'année. L'acquéreur non professionnel d'un immeuble à usage d'habitation dispose de dix jours de rétractation à compter du lendemain de la première présentation de la lettre de notification (art. L271-1 du CCH), et lorsque l'acte est passé directement en la forme authentique, le projet lui est notifié dix jours avant la signature, qui ne peut intervenir pendant ce délai. Côté prêt, l'emprunteur ne peut accepter l'offre que dix jours après l'avoir reçue, et le prêteur doit la maintenir au moins trente jours (art. L313-34 du Code de la consommation). Le tableau remonte le calendrier le plus court que la loi permet pour un règlement des travaux le 31 décembre.

Date (2026)Ce qui doit être faitRègle ou hypothèse
Vendredi 18 décembreOffre de prêt reçue et contrat de réservation (ou avant-contrat) notifié, pour que les 10 jours de réflexion et de rétractation se terminent avant la signatureRègle : art. L313-34 du Code de la consommation ; art. L271-1 du CCH
Lundi 28 décembreAcceptation de l'offre de prêt, possible au plus tôt dix jours après sa réception ; fin du délai de rétractationRègle (calcul depuis le 18 décembre)
Mardi 29 décembreSignature de l'acte authentique, au plus tard si un premier appel de fonds travaux est exigible à la signature ou juste aprèsHypothèse de travail : deux jours ouvrés pour régler — ce n'est pas une règle
Jeudi 31 décembreDernier jour pour régler les travaux (à l'entreprise ou, en VIR, au vendeur) et conserver la preuve du débitRègle : rattachement à l'année de paiement (BOFiP)

Ce calendrier est le plus court que la loi autorise, et il suppose qu'une banque ait déjà émis l'offre et qu'un notaire ait la date. En pratique, l'instruction bancaire et l'agenda du notaire sont les vrais goulots : notre estimation de terrain, qui n'est pas une statistique publiée, est de prévoir plusieurs semaines pour le prêt et autant pour l'acte, et de démarrer début octobre au plus tard pour viser une signature en décembre. Le vendredi 18 décembre est une date butoir théorique, pas une date de départ.

Faut-il se précipiter pour signer avant la fin décembre ?

Pas pour une raison de calendrier légal : le Malraux en site patrimonial remarquable et le déficit foncier n'ont pas de date de fin dans les textes consultés, et le Denormandie court jusqu'au 31 décembre 2027. Deux raisons peuvent en revanche justifier d'accélérer, et il faut les nommer précisément. La première est un besoin fiscal daté : un revenu exceptionnel en 2026 à neutraliser, ou une réduction à absorber sur un impôt élevé cette année. La seconde est le risque législatif, qui mérite d'être regardé sans dramatisation.

Le projet de loi de finances pour 2027 doit être déposé au plus tard le premier mardi d'octobre (art. 39 de la LOLF), soit le 6 octobre 2026 ; à la date de rédaction (18 septembre 2026), rien n'est déposé ni voté. Deux repères montrent que le 1er janvier n'est pas une frontière fiable dans un sens comme dans l'autre. La loi de finances pour 2025 a changé la fiscalité de revente des meublés à effet du 16 février 2025 (art. 84), soit en cours d'année (voir notre article sur la revente avant terme et la reprise fiscale) ; la loi de finances pour 2026 n'a été promulguée que le 19 février 2026 (loi n° 2026-103). Signer avant le 31 décembre ne met donc pas à l'abri d'un texte voté en février, et attendre janvier n'expose pas mécaniquement à une règle rétroactive. Le contenu du PLF 2027 est inconnu ; aucun raisonnement sérieux ne peut s'y substituer.

Reste un arbitrage de bon sens : la pression de fin d'année pousse à retenir un lot disponible plutôt que le bon lot. Un décalage d'un an de la première réduction décale l'avantage sans l'annuler en Malraux (report sur trois ans) ni en Denormandie (l'échéance est 2027). Le déficit foncier est le seul cas où une année sautée est une capacité perdue, puisque le plafond de 10 700 € est annuel : étaler les paiements sur deux années civiles permet d'utiliser deux fois ce plafond. Payer un lot médiocre pour ne pas perdre une année coûte en général plus cher que l'année.

Quelles questions poser à l'opérateur avant de signer en fin d'année ?

  1. Quelle est la date de la première échéance de travaux, et quel montant est exigible avant le 31 décembre ?
  2. À qui le paiement est-il versé — à l'entreprise, à l'ASL, au syndic, au vendeur (VIR) — et qui atteste de son emploi effectif ?
  3. Quelle est la date du permis de construire (ou de non-opposition à la déclaration préalable) ? Elle fixe la fin de la période d'éligibilité des dépenses en Malraux.
  4. Quelle est la date d'achèvement prévue et sur quoi repose-t-elle ? Elle fixe la première année de réduction en Denormandie et le respect du délai de deux ans.
  5. Quel est le budget travaux total et sa ventilation entre travaux éligibles et travaux non éligibles ? Elle conditionne le plafond de 400 000 € (Malraux) et la base Denormandie.
  6. Que prévoit le contrat en cas de retard de chantier : décalage des appels de fonds, pénalités, garantie d'achèvement (VIR) ?
  7. Peut-on obtenir par écrit, avant la signature, un échéancier daté des appels de fonds pour 2026, 2027 et 2028 ?

Un opérateur qui répond à ces sept questions par écrit avant la réservation vous fournit exactement les pièces dont vous aurez besoin en cas de contrôle : le BOFiP demande une note récapitulative des travaux pour le Denormandie, et une justification de l'emploi des sommes pour le Malraux. Une réponse évasive sur l'échéancier est, en soi, une information.

Questions fréquentes sur les dates de signature et de paiement

Un acompte versé au promoteur avant le 31 décembre ouvre-t-il droit à l'avantage 2026 ?

Cela dépend du dispositif et du montage. En déficit foncier, le BOFiP retient les acomptes sur travaux l'année du versement (renvoi à CE, 16 février 2000, n° 188967), sauf pour les travaux compris dans le prix d'un VIR. En Malraux, seules comptent les sommes effectivement acquittées dont vous justifiez l'affectation au paiement des travaux ; en VIR, le paiement au vendeur selon l'échéancier du contrat. Un acompte adossé ni à des travaux ni à un échéancier contractuel est le cas à faire valider par écrit avant de payer.

Le Denormandie s'arrête-t-il le 31 décembre 2026 ?

Non. L'article 199 novovicies du CGI vise les logements acquis jusqu'au 31 décembre 2027. Les commentaires du BOFiP du 28 mars 2024 mentionnent encore 2026 : ils précèdent la prorogation d'avril 2024, et c'est le texte de loi qui fait foi.

Le Malraux disparaît-il en 2027 ?

Rien dans l'article 199 tervicies du CGI ne fixe de date de fin pour les immeubles en site patrimonial remarquable. Ce sont les volets « quartiers anciens dégradés » et « NPNRU » qui se sont arrêtés le 31 décembre 2024. Une loi de finances peut évidemment modifier le texte ; aucun projet pour 2027 n'est déposé à la date de rédaction.

Si mon impôt 2026 est inférieur à la réduction, que devient le solde ?

En Malraux, il est imputable sur l'impôt des trois années suivantes (BOFiP BOI-IR-RICI-200-30, § 146). En Denormandie, la fraction qui dépasse l'impôt d'une année est perdue : ni reportable ni remboursable (BOI-IR-RICI-365-30, § 160).

Que se passe-t-il si mes travaux Malraux dépassent 400 000 € ?

Les dépenses éligibles sont retenues dans la limite de 400 000 € sur quatre années consécutives ; l'excédent n'est ni reportable ni déductible des revenus fonciers (BOI-IR-RICI-200-30, § 95 et 160). Il faut donc connaître le budget travaux total avant de raisonner sur un calendrier de paiement.

Puis-je toucher une réduction Denormandie 2026 en signant en décembre un logement à rénover ?

En règle générale, non : le fait générateur est l'achèvement des travaux, qui doivent être terminés au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant l'acquisition. Une réduction au titre de 2026 suppose un chantier achevé en 2026, ou un logement acheté déjà rénové — auquel cas la date de l'acte authentique déclenche l'avantage.

Comment prouver la date d'un paiement de travaux ?

Conservez les appels de fonds, les factures, les relevés bancaires montrant le débit, et demandez à l'ASL, au syndic ou au vendeur une attestation annuelle des sommes versées aux entreprises. Le BOFiP exige que le contribuable justifie l'affectation des sommes au paiement des travaux éligibles : un virement à une structure, sans pièce montrant son emploi, est plus fragile qu'un règlement daté et facturé.

La loi de finances pour 2027 peut-elle réduire l'avantage sur des travaux déjà payés en 2026 ?

Nous ne pouvons pas répondre en général : l'application dans le temps est fixée mesure par mesure, et le contenu du projet n'est pas connu. Lisez son article d'application avant toute décision fondée sur une hypothèse de calendrier ; le dépôt est attendu au plus tard le 6 octobre 2026 (art. 39 de la LOLF).

Faut-il payer les travaux d'avance pour « gagner » une année ?

C'est possible sur le papier et risqué en pratique : en Malraux, les sommes doivent avoir réellement servi à payer des travaux éligibles, et en déficit foncier les acomptes restent soumis aux conditions de droit commun. Vous avancez de la trésorerie sans certitude sur l'avantage. À décider sur pièces avec un conseil fiscal, pas sur la promesse d'un opérateur.

Quel niveau d'impôt faut-il pour absorber l'avantage 2026 ?

Une réduction ne peut pas rendre l'impôt négatif : le Malraux offre un report sur trois ans, le Denormandie aucun ; le déficit foncier dépend de votre tranche et de vos revenus fonciers existants. Notre article sur les seuils d'impôt donne les ordres de grandeur ; un calcul sur votre dernier avis d'imposition reste indispensable.

Ce qu'il faut retenir

La résolution : la date qui compte n'est pas celle de l'acte mais celle du paiement des travaux (Malraux, déficit foncier, Monuments historiques) ou de leur achèvement (Denormandie, sauf logement déjà rénové). Le rappel : signer le 29 décembre sans échéancier daté peut coûter une année d'avantage, et signer dans la précipitation un lot qui ne convient pas coûte davantage ; aucun des dispositifs traités ici ne s'éteint le 31 décembre 2026. La prochaine lecture : notre analyse du coût réel d'un Malraux montre ce que représentent ces réductions rapportées à l'effort de trésorerie, et celle du coût réel d'un Denormandie détaille le calendrier de la réduction sur six à douze ans. Et pour votre dossier : lors d'un premier entretien, gratuit et sans engagement, la date du permis, l'échéancier daté des appels de fonds et votre impôt de l'année sont les trois éléments à mettre sur la table : ce sont eux, plus que la date de l'acte, qui décident de votre économie 2026.

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Les règles, dates et montants cités correspondent au cadre légal et doctrinal consulté en septembre 2026, sont fournis à titre d'information et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les exemples chiffrés sont des illustrations arithmétiques, pas des cas réels. Les dates du calendrier inversé sont des minima légaux, sans marge : elles ne tiennent compte ni de l'instruction bancaire ni de l'agenda du notaire. Le contenu du projet de loi de finances pour 2027 n'est pas connu à la date de publication.

Sources : art. 199 tervicies et 199 novovicies du CGI (Légifrance) ; BOFiP BOI-IR-RICI-200-20 et 200-30 (Malraux), BOI-IR-RICI-365-10 et 365-30 (Denormandie ancien), BOI-RFPI-BASE-20-30-30 et BOI-RFPI-BASE-30-20 (revenus fonciers et déficits), BOI-RFPI-SPEC-30-20-10 et 30-20-20 (Monuments historiques) ; Conseil d'État, 16 février 2000, n° 188967 (cité par le BOFiP) ; art. L271-1 du Code de la construction et de l'habitation ; art. L313-34 du Code de la consommation ; art. 39 de la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.

Alexandre Pollet, fondateur de Le Rempart Financier.

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