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Comparateur locatif : la méthode expliquée

Malraux à 300 000 €, LMNP à 200 000 € : deux tickets d'entrée, deux profils de trésorerie très différents. Voici comment le comparateur les met sur un pied d'égalité, mois après mois, sans jamais laisser un euro d'écart disparaître de la comparaison.

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Juillet 2026 Alexandre PolletTemps de lecture : 13 minutes
Intérieur restauré d'un bien ancien mis en location, l'un des types d'investissements comparés par le comparateur du site

Comparer un Malraux à 300 000 € et un LMNP à 200 000 € en ne regardant que leur capital net final est une erreur silencieuse : les deux dispositifs ne demandent pas le même effort de trésorerie chaque mois, et celui qui en demande le moins n'est pas forcément le plus performant — il laisse simplement à l'investisseur un surplus qu'il faudrait, lui aussi, comparer. C'est pourquoi le comparateur du site ne met jamais deux scénarios face à face à prix d'achat égal, mais à effort d'épargne mensuel strictement égal : chaque mois, il calcule un budget commun (le plus exigeant des deux), verse la différence dans une poche d'épargne virtuelle pour le scénario le moins gourmand, puis la capitalise jusqu'au terme de la simulation. Le patrimoine final de chaque scénario intègre alors cette poche — ce qui peut changer complètement le classement entre deux dispositifs. Cet article explique, étape par étape et avec un exemple chiffré, comment fonctionne cette méthode, et pourquoi elle rend la comparaison plus honnête qu'un simple coup d'œil au prix d'achat.

Pourquoi un Malraux à 300 000 € et un LMNP à 200 000 € ne se comparent pas à prix égal ?

Le réflexe le plus naturel, face à deux opportunités d'investissement locatif, est de comparer ce qu'elles rapportent au terme — le fameux « capital net » que l'on retrouve dans la plupart des simulations. Le problème, c'est que ce chiffre seul ne dit rien de l'effort qu'il a fallu fournir, mois après mois, pour l'obtenir.

Un Malraux à 300 000 € mobilise en général un effort mensuel plus élevé qu'un LMNP à 200 000 € : le ticket d'entrée est plus important, la réduction d'impôt — pourtant substantielle — se concentre sur peu d'années, et le poids des travaux dans le plan de financement est significatif. Le LMNP, de son côté, présente souvent un effort mensuel plus modeste : pas de réduction d'impôt directe, mais un régime d'amortissement qui limite fortement l'imposition des loyers perçus.

Si l'on compare directement les deux capitaux nets obtenus au bout de 15 ou 20 ans, sans tenir compte de cet écart de trésorerie mensuelle, la comparaison favorise mécaniquement le scénario qui a demandé le moins d'argent chaque mois — non pas parce qu'il serait intrinsèquement meilleur, mais parce qu'on aurait tout simplement oublié de compter ce que l'investisseur aurait pu faire, chaque mois, du surplus non englouti dans ce scénario. C'est exactement le problème que la méthode à effort d'épargne égalisé a été construite pour résoudre : un mécanisme propre au moteur de calcul du comparateur, documenté dans sa documentation technique — pas un texte de loi ou une règle fiscale.

Qu'est-ce que l'« effort d'épargne » d'un scénario d'investissement locatif ?

Avant de comparer deux dispositifs, encore faut-il mesurer, mois après mois, ce que chacun coûte réellement à l'investisseur. C'est ce que le comparateur appelle l'effort d'épargne d'un scénario — ou, dans son vocabulaire technique, le flux investisseur.

Chaque mois, ce chiffre se calcule ainsi : sortie d'argent (mensualité de crédit, charges, travaux non financés par l'emprunt) moins entrée d'argent (loyers perçus, gain fiscal du mois).

Un chiffre positif signifie que l'investisseur sort de l'argent de sa poche ce mois-là : c'est un effort réel, un prélèvement sur son épargne disponible. Un chiffre négatif, à l'inverse, signifie que le scénario dégage un excédent de trésorerie ce mois précis — les loyers et l'avantage fiscal du mois couvrent alors plus que les charges et la mensualité réunies.

Ce chiffre varie dans le temps : il n'est presque jamais constant sur 15 ou 20 ans. Il dépend du calendrier des travaux, de la progressivité de la réduction d'impôt propre à chaque dispositif, de l'évolution des loyers, ou encore du différé d'amortissement du prêt pendant la phase de chantier. Deux scénarios peuvent donc avoir un effort très proche une année donnée, et très éloigné l'année suivante — ce qui rend une comparaison figée, à un instant unique, particulièrement fragile.

Comment le comparateur calcule-t-il un budget mensuel commun entre plusieurs dispositifs ?

C'est ici que la méthode prend forme. Pour comparer plusieurs scénarios de façon loyale, le comparateur ne les regarde pas séparément : il les observe mois par mois, tous ensemble.

Pour chaque mois de la période analysée, il retient l'effort d'épargne le plus élevé parmi tous les scénarios comparés à cet instant — autrement dit, le scénario le plus exigeant en trésorerie ce mois-là devient la référence commune, le budget que l'on applique ensuite à tous les scénarios pour ce mois précis.

Ce budget commun change de mois en mois : un dispositif peut être le plus exigeant en début de chantier, quand les travaux et les intérêts intercalaires pèsent, tandis qu'un autre peut le devenir plus tard, une fois sa réduction d'impôt épuisée. Le comparateur ne fige donc jamais un budget unique sur toute la durée de la simulation — il le recalcule à chaque mois, du premier au dernier.

Pourquoi retenir le plus exigeant plutôt qu'une moyenne, par exemple ? Parce que c'est la seule référence qui ne pénalise aucun scénario : si le budget commun était une moyenne, le scénario le plus gourmand se retrouverait mécaniquement en déficit par rapport au budget certains mois, ce qui fausserait à nouveau la comparaison — dans l'autre sens. En retenant le maximum, chaque scénario est toujours en mesure de « tenir » le budget commun : celui qui l'a fixé le tient par construction, les autres le tiennent avec une marge, qui devient précisément leur poche complémentaire.

ÉtapeCe qui se passe concrètement
1. Budget mensuel communChaque mois, le comparateur retient l'effort d'épargne le plus élevé parmi les scénarios comparés : c'est le budget de référence pour ce mois précis.
2. Écart versé dans la pochePour chaque scénario dont l'effort réel est inférieur à ce budget, la différence est versée dans une poche d'épargne complémentaire propre à ce scénario.
3. Capitalisation mensuelleCette poche est capitalisée chaque mois au taux de placement choisi pour ce scénario — ce que l'investisseur ferait, dans la réalité, de son épargne disponible.
4. Patrimoine net à effort égaliséAu terme, le capital net réellement obtenu par le dispositif est augmenté de cette poche capitalisée : c'est ce total qui est comparé entre scénarios.

Que devient l'écart d'effort entre deux scénarios chaque mois ?

Une fois ce budget commun défini, le comparateur regarde, pour chaque scénario, l'écart entre ce budget et l'effort réellement supporté ce mois-là.

Pour le scénario le plus exigeant, cet écart est nul : il consomme déjà la totalité du budget commun, puisque c'est lui qui l'a fixé. Mais pour un scénario moins gourmand en trésorerie ce mois précis, la différence n'est pas ignorée : elle est versée dans une poche d'épargne complémentaire, propre à ce scénario. Cette poche est virtuelle — elle représente ce que l'investisseur pourrait mettre de côté, puisqu'il consacre, ce mois-là, moins d'argent à ce scénario que le budget commun ne l'aurait exigé.

Cette poche n'est pas simplement additionnée en fin de parcours : elle est capitalisée chaque mois, au taux de placement propre à ce scénario — un paramètre que vous choisissez vous-même dans le comparateur, et qui représente ce que vous feriez, dans la réalité, de cette épargne disponible (un fonds en euros, une allocation plus dynamique, un simple livret...). Mois après mois, cette poche grossit donc de deux façons à la fois : le nouvel écart du mois vient s'y ajouter, et le montant déjà accumulé produit ses propres intérêts.

Reprenons l'exemple du Malraux et du LMNP : si, un mois donné, le Malraux exige 900 € et le LMNP seulement 550 €, le budget commun de ce mois est de 900 €. Le LMNP « économise » donc 350 € par rapport à ce budget — 350 € que le comparateur ne laisse pas de côté, mais qu'il verse dans la poche complémentaire du scénario LMNP, comme si l'investisseur les avait lui-même mis de côté ce mois-là plutôt que de les dépenser.

Un exemple chiffré simple : deux scénarios sur trois mois

Pour rendre ce mécanisme concret, prenons un exemple volontairement simplifié et hypothétique — deux scénarios, sur trois mois seulement. Une vraie comparaison porte sur 15, 20 ou 30 ans, mais le principe appliqué chaque mois est rigoureusement identique.

Le scénario A (ticket d'entrée plus élevé, façon Malraux) a un effort mensuel plus important. Le scénario B (ticket plus modeste, façon LMNP) a un effort mensuel plus faible. Le taux de placement retenu pour la poche de B est de 2,8 % net par an — l'hypothèse par défaut du comparateur pour la rémunération de l'épargne disponible, modifiable scénario par scénario.

MoisEffort A (Malraux)Effort B (LMNP)Budget communÉcart versé dans la poche de BPoche de B (capitalisée)
Mois 1900 €550 €900 €350 €350 €
Mois 2880 €530 €880 €350 €≈ 701 €
Mois 3900 €560 €900 €340 €≈ 1 042 €

Exemple pédagogique simplifié — montants hypothétiques, ne reflétant pas une simulation réelle du comparateur. Taux de placement de 2,8 % net par an appliqué à la poche du scénario B (soit environ 0,23 % par mois), montants arrondis à l'euro le plus proche.

Trois mois ne suffisent évidemment pas à montrer la force de la capitalisation : sur une aussi courte période, les intérêts produits par la poche de B se comptent en quelques euros. Mais prolongez ce mécanisme sur 15, 20 ou 30 ans, avec des écarts mensuels qui se maintiennent dans cet ordre de grandeur, et la poche complémentaire cesse d'être un détail comptable : elle devient un élément à part entière du patrimoine final du scénario B. C'est précisément ce que le comparateur additionne au capital net réellement obtenu par le dispositif, pour obtenir ce qu'il appelle le patrimoine « à effort égalisé ».

Pourquoi c'est plus rigoureux

Comparer deux dispositifs sur leur seul capital net final revient à faire comme si l'écart de trésorerie mensuelle disparaissait purement et simplement de l'équation ; la méthode à effort égalisé le réinjecte, mois après mois, dans le scénario qui en a le moins besoin — ce qui permet de comparer, à budget d'épargne strictement identique, des dispositifs aux tickets d'entrée très différents.

Qu'obtient-on au final : le patrimoine net « à effort égalisé » ?

Au terme de la période analysée, le comparateur additionne, pour chaque scénario, deux montants : le capital net réellement obtenu par le dispositif — bien détenu ou revendu, crédit soldé, impôt de plus-value réglé — et la poche d'épargne complémentaire, telle qu'elle a été alimentée et capitalisée mois après mois.

La somme des deux donne le patrimoine net à effort égalisé. C'est cette valeur, et non le capital net brut affiché isolément pour chaque scénario, que le comparateur met en face à face entre plusieurs dispositifs — précisément parce qu'elle intègre ce que chaque scénario a réellement demandé à l'investisseur, et pas seulement ce qu'il a fini par rapporter.

Cette méthode avantage-t-elle un dispositif plutôt qu'un autre ?

Non — et c'est précisément ce qui en fait l'intérêt. La méthode ne favorise ni le dispositif au ticket d'entrée le plus élevé, ni celui au ticket le plus modeste : elle applique exactement la même règle à tous les scénarios comparés, mois par mois. Le scénario qui bénéficie d'une poche d'épargne complémentaire n'est jamais désigné à l'avance — c'est simplement, chaque mois, celui dont l'effort réel se trouve inférieur au budget commun. Selon les chiffres que vous saisissez (prix, financement, loyers, tranche marginale d'imposition, horizon de revente), ce peut être le Malraux un mois donné, puis le LMNP le mois suivant.

Ce que la méthode garantit, en revanche, c'est qu'aucun euro d'écart ne disparaît silencieusement de la comparaison — ce qui serait précisément le cas avec une simple confrontation des capitaux nets à prix nominal.

Comment retrouver ce calcul dans le comparateur du site ?

Vous n'avez rien à calculer vous-même. Dès que vous comparez deux scénarios ou plus dans le comparateur investissement locatif, un bloc dédié apparaît sous le nom « Comparaison à effort d'épargne strictement identique ». Il affiche, pour chaque scénario, la poche d'épargne complémentaire qui lui est propre et le patrimoine net qui en résulte, au taux de placement que vous avez choisi pour chacun.

Pour aller plus loin et personnaliser chaque hypothèse scénario par scénario — structure de financement, calendrier des travaux, taux de placement, horizon de revente — le simulateur détaillé permet d'affiner chaque paramètre au-delà des réglages proposés par le comparateur rapide.

Et si vous hésitez encore sur le dispositif à étudier en priorité, notre grille de décision par profil d'investisseur reprend les dix dispositifs actuellement disponibles, dont plusieurs se disputent aujourd'hui la succession du Pinel depuis sa fermeture aux nouvelles acquisitions.

Retenez surtout ceci : la méthode à effort égalisé ne change rien à la fiscalité ni aux hypothèses propres à chaque dispositif — elle change uniquement la façon dont on additionne les résultats de plusieurs scénarios pour les rendre comparables entre eux, à budget mensuel identique.

Questions fréquentes sur la méthode de comparaison à effort égalisé

Le « taux de placement » utilisé pour capitaliser la poche d'épargne, c'est quoi exactement ?

C'est le rendement annuel net auquel vous supposez que vous placeriez votre épargne disponible si vous ne la consacriez pas au scénario le plus exigeant — un fonds en euros (plutôt 2,5 à 3 % net), une allocation plus dynamique (plutôt 3 à 4 %), ou tout autre placement de votre choix. Ce taux est modifiable, scénario par scénario, dans le comparateur ; par défaut, l'outil retient une hypothèse de 2,8 % net par an. Toutes les comparaisons à effort égalisé réinvestissent les écarts de mensualité à ce taux. Si vous le relevez, la poche d'épargne complémentaire progresse plus vite dans le temps et pèse davantage dans le patrimoine final du scénario qui en bénéficie ; si vous le baissez, l'écart entre scénarios se resserre. C'est un paramètre parmi d'autres du comparateur, au même titre que le taux d'emprunt ou la revalorisation du bien, et il mérite d'être ajusté à votre propre politique d'épargne plutôt que laissé par défaut.

Pourquoi ne pas simplement comparer le capital net final affiché pour chaque dispositif ?

Parce que ce chiffre, seul, ignore ce que chaque scénario a demandé à l'investisseur chaque mois. Deux dispositifs peuvent afficher un capital net très proche tout en ayant des profils de trésorerie complètement différents — celui qui a mobilisé le moins d'argent mensuellement a laissé à l'investisseur une capacité d'épargne que la méthode à effort égalisé réintègre justement dans la comparaison.

Peut-on comparer plus de deux scénarios à la fois avec cette méthode ?

Oui. Le budget mensuel commun est défini comme le plus exigeant parmi tous les scénarios comparés à un instant donné, quel que soit leur nombre — la méthode s'applique de la même façon à deux, trois ou davantage de scénarios simulés côte à côte dans le comparateur.

Que se passe-t-il un mois où un scénario dégage un excédent de trésorerie plutôt qu'un effort ?

Cet excédent reste acquis au scénario qui le produit : il est capitalisé dans sa propre épargne, exactement comme la poche complémentaire des autres scénarios. Il ne vient pas s'ajouter une seconde fois quand on calcule l'écart des autres scénarios ce mois-là — chaque euro n'est compté qu'une fois, dans le bon scénario.

Sur quelle durée porte cette comparaison à effort égalisé ?

Sur l'horizon que vous sélectionnez dans le comparateur ou le simulateur — de quelques années jusqu'à 30 ans. Le budget commun et la poche d'épargne complémentaire sont recalculés mois par mois sur toute la période choisie, jusqu'à l'horizon de revente retenu.

Cette comparaison remplace-t-elle un rendez-vous avec un conseiller ?

Non. C'est une méthode de calcul qui rend plusieurs simulations comparables sur une base commune — elle ne remplace pas l'analyse de votre situation fiscale et patrimoniale complète, qui reste le rôle d'un conseiller en gestion de patrimoine.

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Cet article décrit une méthode de calcul propre au moteur du comparateur du site (documentée dans sa documentation technique), et non un texte de loi ou une règle fiscale. Les taux de placement, loyers, hypothèses de financement et de fiscalité utilisés dans le comparateur sont des paramètres modifiables, fournis à titre illustratif : ils ne constituent pas une garantie de performance et devront être adaptés à votre situation, ne constituant pas un conseil personnalisé.

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